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    Steamlandia et la Guilde des Alchimistes

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    Kael

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    Re: Steamlandia et la Guilde des Alchimistes

    Message par Kael le Mar 13 Déc - 10:55

    Ma tête pulsait de douleur alors que je revenais à la réalité. Des pierres noires partout, irrégulière et quelques fois coupantes. Cellule sombre mais familière. Un garde unique. Pfff, ces alchimistes m’avaient remis dans la même cellule de la même prison souterraine que celle de mon enfance. Espéraient-ils que la douleur de me retrouver dans cet endroit me soumettrai ? Il fallait vraiment qu’ils changent de chef, leurs méthodes étaient tellement moyenâgeuses. Je n’étais plus un enfant, et je n’étais plus sans défense. Malgré ce qu’ils avaient l’air de penser. Les menottes étaient gelées, sans aucun doute dans le but de bloquer le flux de ma pyromancie. Ils avaient retiré toutes mes armes et mon redingote. Mais m’avaient laissé le pendentif. Edelweiss n’était nulle part… Que pouvaient-ils bien lui vouloir ? Je savais qu’ils étaient à sa recherche depuis quelque temps. Les rumeurs courant à son sujet et qui avaient résulté sur une chasse à l’homme (à la femme) devaient avoir été commencées quand ils ont commencé à la rechercher. Une brume de secrets entourait cette femme et ne me permettait pas de voir sa vraie histoire, de vraiment la connaitre. Bon, j’avais fini de redire l’évident dans ma tête. Je me relevai afin de me mettre en position pour puiser dans le pendentif une partie suffisante de son pouvoir pour briser les…

    … Mais je fus interrompu dans cette quête par une vision encore plus ridicule par-delà des barreaux de ma prison. Un ogre en costume de ninja. Qui ? Qui bon sang avait le temps à investir pour créer à cet ogre tant de costumes personnalisés ? (Le business des vêtements a deux têtes devait fleurir.) Ce costume tout noir ne laissait qu’une entrée pour les yeux, et une entrée pour la bouche (pour chacune des têtes bien entendu), des épaulettes sombres, chacune avec une petite dague à disposition au cas où. Une ceinture noire de soie enroulait le costume juste au corps. Et deux épées dépassaient du dos de cet ogre. Cet ogre, qui avait soi-disant le pouvoir de détruire des montagnes, venait me libérer en comptant plus sur ses capacités de furtivités.

    Sans avoir le temps de dire « quoi », l’ogre téléporta le garde à sa position, et l’assomma qu’un coup de poing… un poing gigantesque pour un humain. Je supposais que ses pouvoirs avaient en effet quelques bénéfices sur le plan de l’infiltration. L’ogre prit le corps inanimé dans une main, et de l’autre chercha la petite clé. Il la trouva facilement et de manière assez impressionnante considérant ses gros doigts et la petite clé, il ouvrit la porte de la cellule. « Agent Phénix, comment allez-vous ? » Gocha guettait dans une autre direction. (Un autre de ses avantage) Je m’approchais pour sortir de la cellule, trop petite pour que l’ogre puisse y rentrer.

    « Tout va bien, le téléportation s’est passé sans encombre ? » « Grace à la triangulation. Comment es-tu arrivé ici ? » « Nichelomus. La chasse n’était qu’un appât pour… *Comment pourrais-je protéger Edelweiss à ce moment*… pour me capturer moi et la cyborg Edelweiss. » « Qu’est-ce qui pouvait bien leur faire penser que vous étiez en quelconque point liés » « Les pancakes… C’était les siens » Gocha arrêta de guetter pour dire : « Nous avons donc deux raisons de la sauver, maintenant : Empêcher la guilde des alchimistes de faire ce qu’ils veulent avec, et LES PANCAKES ». Chago pour sa part me regardait d’un regard sombre : « Nous parlerons de ce mensonge plus tard. »

    L’ogre brisa mes menottes d’un coup rapide d’un des katanas sur son dos. (Je ne l’avais même pas vu dégainer). Il jeta dans la cellule le garde assommé et me demanda : « Sais-tu ou elle se trouve ? » « Non, et sans équipement je n’aurai pas beaucoup de chance de me défendre » L’ogre sorti de ses poches une paire de gants avec des runes de feu dessinées sur le dos et sur la paume. « Ces gants devraient compenser. Essaye de ne pas tout bruler. » Je les enfilai, et senti directement le flux magique en moi se canaliser dans mes mains. Si simple et si élégant comme design. Parfait.

    D’après mes souvenirs les cellules étaient adjacente aux laboratoires (On gardait rarement les cochons d’indes loin des laboratoires), il nous suffit de ressortir de la prison et de… Mon attention fut attirée par le nombre de pauvres gens inconscients dans les cellules adjacentes. L’opportunité que l’on avait aujourd’hui était unique… Je me retournai vers l’ogre et lui demandai :

    « Il y a-t-il une chance pour que tu décides d’aider ses pauvres gens tandis que moi je pars à la recherche d’Edelweiss ? » « Seulement si tu promets de ne pas t’enfuir, et de la rapporter au quartier général. Nous n’avons pas le… » « Je te le promets » je lançai en fonçant vers la sortie de la prison souterraine. J’entendis le bruit de fer grinçant, comme étant forcé à créer une ouverture suffisamment grande pour qu’une personne puisse passer. Il savait que sur mon honneur je gardais mes paroles, enfin, presque tout le temps. Celle-ci je comptais bien la garder. Si des gens comme Nichelomus étaient aux trousses d’Edelweiss il n’y a qu’un endroit où elle serait sauf : Au quartier général.

    Un tour à gauche, un tour à droite, déjà l’atmosphère se réchauffait, je devais être sur la bonne voie. Un escalier qui montait à un étage supérieur. Bien, la prison était peu gardée. Et pour quelle raison la garderaient-ils bien. Au centre de leur palace, quiconque souhaitant s’enfuir devrait passer ses barreaux, puis le garde armé de la prison, puis les laboratoires bien mieux gardés ceux-ci (Des scientifiques civiles et des agents des Alchimistes travaillaient ici). Puis deux étages au-dessus le rez-de-chaussée… disons que je suis heureux d’avoir un télémancien avec moi. Peut-être devrais-je l’étudier si je survis à cette escapade ?

    D’un geste de ma main gantée, les portes principales en bois de la prison furent réduite en cendre. Impressionnant, mon pouvoir en est vraiment amélioré. Je continuais ma course effrénée à travers les deux gardes en armure (Bon sang, ils étaient vraiment restés au moyen-âge ici) qui gardaient le mauvais côté de la porte. Je pris le temps de carboniser leur gorge en passant, la chaleur canalisée dans mes gants passant la peau humaine comme dans du beurre. Huit laboratoires à vérifier. Le premier était celui pour les sujets magiques, second pour les potions, troisième pour la mécanique, quatrième pour l’astrologie, cinquième pour les sujets dangereux, sixième pour la génétique, septième laboratoire personnel de Nichelomus et huitième, inconnu, jamais aucun de nos agents n’y était rentrés. Je pris le temps de considérer entre mécanique, sujets dangereux et sujets magiques….

    Je tentai ma chance dans sujet dangereux. Bingo ! Seul un scientifique était présent. De son physique gringalet et de sa réaction apeurée, c’était un civile. Edelweiss était attachée de tous ses muscles, de tous ses membres, par au moins trois cordes pour chacun d’entre eux. Sa tête était reliée à une série de fils. La petite piece était sobrement décorée par des traces de sang sur tous les murs de pierre. La violence des expérimentations qui devaient avoir lieu en ces lieux devait etre indescriptible. Nichelomus ne viendrait pas protéger de lui-même la personne qu’il aurait mis tant de temps à rattraper ? Quelque chose ne tournait pas rond. Une illusion ? Une seule chose pour le savoir : Rendre l’illusion trop difficile à maintenir pour que l’illusiomancien ne la maintienne. J’avais en effet envie d’essayer ses gants au maximum de leur potentiel. J’enveloppais la pièce tout autour de moi de flamme, Créant une couverture similaire à celle que j’avais créé hier, mais dans un autre but : Détecter ou dans son illusion l’illusiomancien se trouvait.

    « Ha ! Insecte ! Comment es-tu arrivé jusqu’ici ?! », dit la voix de Nichelomus, confirmant sa présence dans la petite pièce. Il était à un désavantage ici. Pour quelconque raison, il n’essayait pas d’exercer son contrôle mental, les câbles autour de la tête d’Edelweiss en seraient la raison ?

    Edelweiss était consciente. Et regardait dans une direction qui n’était pas la mienne. Peut-être m’indiquait-elle du regard ou le veille homme se cachait ? Je tentais le tout pour le tout. Aussi rapidement que possible et avec toute ma force canalisée dans les gants, j’envoyai toutes mes flammes existantes et toutes celles de mon corps dans ce coin. BINGO ! Les flammes propulsèrent violemment une figure invisible mais bien présente contre le mur. Le corps de Nichelomus se matérialisa, il était inconscient. Les brulures bénignes comparées à ce que ces flammes auraient fait à quelconque autre être humain apparurent sur la partie touchée de son corps. Je supposai que s’il maintenait encore l’illusion il la rendrait plus croyable.

    Je me dirigeai vers Edelweiss. Je demandai au scientifique d’un ton grave et menaçant s’il y avait des risques si je les décrochais tous. Il me répondit que non, et je m’exécutai. Elle n’était pas en état de marché. Bien, je n’avais pas le temps d’argumenté mes actions de toute façon. Je la pris sur mon épaule et couru vers la prison que j’avais quitté il y a moins d’une minute. Ha ! Je pourrai cocher ’Sauvetage éclair sans encombre’ de ma liste de choses à faire avant de mourir ce soir.

    L’ogre m’attendait à l’entrée de la prison, il avait aussi rapidement que moi libéré tous les prisonniers conscients et préparait une téléportation de masse. Je me rapprochai de lui, Edelweiss toujours sur mon épaule et instantanément, la pierre sombre de la prison se transforma en murs blancs du quartier général. Toutes les personnes présentes se retournèrent. J’avais apparemment été inconscient toute la nuit dans la Guilde, car il faisait jour dehors. Des agents se précipitèrent pour prendre en charge les 20 prisonniers que nous avions sauvés, je me dirigeais vers le laboratoire de Nova pour y trouver de l’aide pour Edelweiss. Elle avait beau être à peine consciente, sa fièvre apparente m’inquiétait énormément. Heureusement Nova était présente et pris instinctivement en charge la cyborg… Hors de souffle tout ce que je trouvai à dire était : « fièvre », avant qu’une main gigantesque ne me prenne par le dos et ne me tire jusque le bureau privé du boss. L’ogre toujours en costume de ninja avait retiré les capuches, et des perles de sueur sur les fronts apparaissaient.

    « Donc hier c’est elle que tu as rencontré dans les égouts ? » dit Gacho d’un ton grave. « Oui ».

    Quelques moments de silences. J’étais terrifié. Plus que dans la prison des imbéciles moyenâgeux.

    « J’attends un rapport détaillé des évènements de ces deux derniers jours pour ce soir. Si j’ai l’impression que tu me mens ou que tu omets quoi que cela soit, je téléporte ton derrière dans un pays froid » Choga ajouta : « Est-ce que Nova est en sécurité avec elle ? »

    « Elle est inconsciente et fiévreuse. D’après mon expérience avec elle, elle ne fait pas confiance facilement et peut réagir de manière agressive aux inconnus. ».

    « Je resterai dans la pièce dans ce cas, et toi aussi, tu écriras et m’expliquera ton rapport dans le laboratoire de Nova aussi, une tête familière ne peut pas lui faire de mal. Et rends-moi mes gants ! »

    En moins de dix minutes, nous étions tous les trois dans le laboratoire avec Nova dans le laboratoire. Nova gardait un œil sur les constantes affichée par les machines qu’elle avait rattaché à Edelweiss pendant que moi et le boss avions notre petite… conversation. Nova était également en train de faire des analyses sur du sang, certainement celui de la cyborg, Les constantes étaient stables, mais Edelweiss était à nouveau inconsciente. Gacho dormait et Choga gardait un œil sur Nova. Et moi, sur une chaise dans un coin, écrivait mon rapport.

    Nous attendions quelconque réaction de sa part.
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    Re: Steamlandia et la Guilde des Alchimistes

    Message par Rhapsodie le Mar 13 Déc - 20:05

    Un seul et unique paysage enneigé se présentait à moi sur des kilomètres. Il n'y avait rien d'autre qu'un épais manteau de neige recouvrant le sol et pliant les feuilles des sapins sous leur poids. Parfois un léger vent glacial parsemait le ciel de doux flocons et faisait tomber de lourds paquets de neige sur le sol qui en était déjà recouvert d'un bon mètre. Mais je n'avais pas froid. J'étais seul, pas même un oiseau dans le ciel. Entièrement seule à avancer sans me poser de questions, sans m'inquiéter du lendemain, sans la moindre préoccupation. Je sentais simplement mon coeur palpiter au rythme de mes pas dans la neige.

    _ Arrête de penser !

    Je suis seule... Qui me parle ?

    _ Moi chasser. Toi embêter moi, toi penser trop.

    Mais... Je m'inquiétais. Quel était ce paysage infini, où étais-je ? Etais-je normal ? Pensais-je normalement ? Une sorte d'instinct me disait que la situation ne pouvait être réelle... Et pourtant je sentais bien la neige sous mes pas...
    Mais d'ailleurs, mes pas...

    _ Grrr...

    Un rugissement vint casser le silence de ce paysage enneigé.

    _ Réveille toi, réveille toi et lâche moi !

    _Aïe !!!!

    Il me mordit, j'avais mal...


    _ Aïe !!!! Aaaaaah !!!

    L'ogre et Nova se réveillèrent en sursaut. L'ogre s'était assoupi dans le silence de la pièce tandis que Nova attendait une quelconque réaction de la cyborg en rédigeant en attendant un rapport. Le ciel s'assombrissant très tôt et le calme envahissant la pièce l'avait fait somnoler et elle fermait lentement ses yeux entre deux notes sur son rapport. Cela faisait déjà trois jours que sa patiente était inconsciente, elle vivait et semblait rester dans un long rêve ou un long cauchemar.
    Aucun d'eux n'aurait imaginé un réveil aussi brutal.

    _ Aaaaaah !!!! Aaaaaaah !

    Edelweiss hurla en pleurant en même temps, sous la douleur ressentie dans son rêve, puis complètement en panique, ne comprenant pas où elle se trouvait et avec qui elle était.
    Son coeur battait beaucoup trop vite et la faisait souffrir et sa longue hibernation et elle peinait à réfléchir, elle ne comprenait pas.
    Elle se mit à courir partout et à sauter sur les murs sans s'arrêter dans l'espoir de trouver une sortie et s'enfuir. Mais la pièce ne semblait pas avoir de portes et elle était coincée entre quatre murs avec une horrible créature immonde à deux têtes et une femme inconnue, sûrement une docteur qui avait testé des expériences sur elle, d'où son état.

    Très vite épuisée et à bout de souffle, elle s'arrêta à une extrémité de la pièce carrée avec en vue les deux personnes devant elle. Elle prit une position d'attaque d'un animal en chasse, en prenant appui sur ses deux jambes accroupies et en sortant ses griffes d'un air très menaçant. C'était presque si elle grognait.

    L'ogre semblait très stupéfait. Ses deux têtes la regardaient et l'un se décida à parler, pour rompre l'énorme tension et la mauvaise humeur qui régnaient en l'espace de juste quelques secondes dans la pièce.

    _ Eh ba... Un sacré personnage encore ça... M'étonne pas que la Guilde la cherche... C'est ce qui s'appelle une entrée spectaculaire...

    Ces quelques paroles eurent au moins l'effet d'apaiser légèrement Nova qui n'avait plus oser bouger d'un geste. Elle regarda d'un air surpris l'ogre lorsqu'elle entendit le mot "spectaculaire" et appuya discrètement sur un bouton caché dans sa manche.
    Edelweiss reprenait peu à peu conscience et se rappelait comment sonder les êtres vivants. La peur de Nova était très facile à percevoir et occupait presque tout son esprit, ce qui rendit plus facile de comprendre qu'elle cachait quelque chose lorsqu'elle changea instantanément d'humeur. Ils concoctaient quelque chose, elle ne savait pas quoi. Elle ne les laisserait pas s'approcher.

    Edelweiss grognait encore intérieurement. Un profond râle qui pouvait faire penser aux chats quand ils veulent impressionner leur proie... Elle fixait l'ogre et lui montrait ses griffes en le toisant, tout en reprenant son souffle, toujours trop rapide.

    Puis tout à coup, une porte sortie de nulle part s'ouvrit, ce qui fit sursauter et rugir en même temps Edelweiss qui sauta jusqu'au plafond... littéralement... jusqu'au plafond...
    Nova sursauta de même de voir la réaction d'Edelweiss et cria : "Kael !!! Vite !!!" d'un ton suppliant.

    Ce nom fit redescendre Edelweiss sur terre. Elle regarda la porte. Kael s'y trouvait.
    Kael... Kael... Celui à qui elle avait sauvé la vie dans les égoûts et qui lui avait aussi sauvé la vie... Kael et sa douche, dans sa maison... Puis, le château, les alchimistes, enfermée...
    Le grondement intérieur d'Edelweiss se calmait mais elle restait sur sa position, se sentant toujours en danger.

    Une fois de plus, l'ogre se sentit obligé de parler, peut-être pour se rassurer aussi lui-même, la tension étant à son comble dans cette petite pièce en compagnie d'Edelweiss :

    _ Euh... Dis voir Kael, elle est toujours comme ça ? Pas très sociable celle-là. Tu... Tu me montreras ton rapport, je crois que j'ai besoin d'en apprendre davantage sur ce... enfin... elle. Ahem.

    Edelweiss plissa les yeux et les tendit enfin vers Kael pour voir sa réaction. Elle se remit sur ses deux jambes dans une position normale, debout, mais se cacha dans un coin et se cacha dans l'ombre, gardant toujours à l'oeil l'ensemble des personnes de la pièce.
    Elle n'était pas dans son état normal et elle s'inquiétait.

    Kael

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    Re: Steamlandia et la Guilde des Alchimistes

    Message par Kael le Mar 13 Déc - 21:52

    Edelweiss était clairement effrayée. Elle se cachait dans un coin de la pièce. Exactement comme quand je l’avais rencontré, il y a deux jours.

    « Edelweiss… Je te présente Choga et Gacho, chef de l’Ordre des Vigilants et... » *Choga m’interrompit* « Amateur de pancake ».

    Dans l’ombre, nous ne pouvions voir ses réactions. Elle avait l’air d’apprécier l’honnêteté et de pouvoir raisonner quand on ne l’agressait pas. Je donnai un petit coup dans le rein de l’ogre pour lui signaler de la fermer, ou dans son cas, de les fermer.

    « Et voici Nova, elle est mémoiromancienne et docteure. Elle t’a suivi tout au long des 3 jours ou tu étais dans le coma. »

    « Le boss nous a aidé à nous enfuir du palace de la Guilde des Alchimiste, et par la même occasion, nous avons sauvé une vingtaine de leurs autres prisonniers, ils sont actuellement dans la guilde, chacun avec un agent assigné, afin de les réhabiliter ou de décider de leur futur. Vois-tu… Peu de monde ne pardonne jamais cette guilde pour les atrocités qu’ils nous ont infligé, fait subir… *j’attends un peu de temps avant de conclure, et essaye de me rapprocher lentement d’elle afin de m’assoir proche d’elle, comme nous l’avion fait lors de notre première rencontre. * fait vivre… »

    Je m’assis. Toujours aucune réaction. Mes deux collègues restaient silencieux et immobiles.

    « Nova, pourrais-tu nous rapporter un peu d’eau s’il te plaît ? »

    Nova disparu instantanément du laboratoire.

    « Boss ? On pourrait avoir un sandwich par ici, après trois jours sans manger, j’pense que je mourrais de faim. »

    Gacho affirma que lui aussi, et demanda : « qu’aimerais-tu sur ton sandwich, Edelweiss ? »
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    Re: Steamlandia et la Guilde des Alchimistes

    Message par Rhapsodie le Mar 13 Déc - 22:17

    Kael se mit à lui expliquer la situation, d'un calme et posé. Il avait raison, c'était la seule manière de l'aider à réfléchir et de se calmer. Quelque part, Edelweiss se sentit presque vexée. C'est comme s'il arrivait à la maîtriser quelque part. Elle grommela intérieurement mais se tut pour écouter la suite.

    Puis alors qu'elle pensait que tous sortiraient de la pièce pour enfin pouvoir sortir de l'ombre et explorer les moindres recoins de la pièce, l'ogre osa lui poser une question. Elle fut tellement étonnée qu'elle en resta bouche bée quelques secondes. Ne pouvant lui répondre, de un parce que personne n'avait le droit de lui parler, de deux parce que... parce qu'elle ne savait pas parler toute façon, de trois parce qu'elle ne savait pas quoi mettre sur un sandwich..., elle grogna en guise de réponse, se tourna vers le coin du mur et bouda.
    Réaction très enfantine certes, mais au moins le message serait passé et on lui ficherait la paix. Pff... pour qui se prenait-il lui... Il n'était pas son pote ! Bon sang, avait-elle vraiment la tête de quelqu'un à qui on a envie de parler ? Quel con celui-là alors...

    Une tête de l'orgue esclaffa, indigné d'une telle rebellion, tandis que l'autre éclata d'un rire sans retenue, amusé par cette réaction inattendue.

    Edelweiss attendit que tout le monde parte, excepté Kael, et le foudroya des yeux, lui aussi.

    _ Je t'avais dit de rester dans ton coin pour ta mission ! Pourquoi tu m'as suivi ?
    lui cria-t-elle en guise de reproche.

    _ Q'est-ce que tu comprends pas dans "sinon tu mourras" ? Hein ? Pour la dernière fois, adieu ! Ok, adieu ! Et si tu crois que je serais mieux dans un autre trou à rat ici avec d'autres espions ou vigilants ou je ne sais pas quoi, tu te trompes ! Moi ej suis libre et personne ne se mettra à travers mon chemin !

    Edelweiss marcha d'un pas précipité vers la porte, espérant partir sans problèmes bien qu'elle doutait que cela soit si facile et pensait claquer la porte pour manifester son mécontement quand soudain... Cette porte qu'elle voulait ouvrir disparut.
    Elle écarquilla des yeux d'un air surpris et se tourna directement vers Kael d'un air accusateur.

    _ Tu m'énerves !!!!! Qu'est-ce tu fais !!! Laisse-moi immédiatement sortir !

    Elle fit les cent pas en tournant en rond frénétiquement autour de la pièce en râlant et en renversant tout sur son passage, sans oublier bien sûr, de foudroyer Kael du regard à chaque fois qu'il levait les yeux sur elle.
    Son sang froid la faisait rager encore plus ! Pourquoi n'avait-il pas peur d'elle ? C'était insupportable !
    Elle avait envie de le secouer dans tous les sens et de le taper pour qu'il recouvre la raison.
    Elle était un monstre, une meurtrière. Qu'est-ce qu'il n'allait pas chez lui ? Limite, elle aurait préféré qu'il ait envie de la tuer au moins... qu'il réagisse !
    Mais non. A croire qu'ils avaient l'habitude de s'attacher à des meurtriers et était un masochiste aimant jouer avec la mort. Pff, c'était ridicule !

    Elle retourna à l'endroit où se trouvait la porte et tapa contre le mur en s'énervant de plus en plus.

    _ Laisse moiiiii SOR- ... tir.

    La porte réapparut et Edelweiss trébucha et tomba sur l'orgue qui ramenait les sandwich. Il était tellement grand par rapport à elle qu'il voulut la porter mais... Suite au regard rageux qu'elle lui jeta aussitôt qu'elle eut compris son intention, il se ravisa et la poussa de façon hésitante du bout du doigt pour la remettre sur pied et la laisser marcher.

    _ Ahem... eh bien, au moins on est pareil sur ce point, Edelweiss. Moi aussi je suis de très mauvaise humeur quand j'ai faim. Tiens, ton sandwich.

    Edelweiss prit son sandwich. Furieuse, avec l'impression d'être parfaitement incomprise et entourée d'idiots du village, elle fit mine de se calmer et de manger, puis profita d'un bref instant d'inattention de leur part pour s'échapper au plus vite par la porte encore ouverte et tenta de s'enfuir de ce bâtiment.

    Kael

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    Re: Steamlandia et la Guilde des Alchimistes

    Message par Kael le Mar 13 Déc - 22:44

    Au moins elle avait quelque chose dans le ventre, me dis-je en la voyant s’enfuir. Je demandai à Gacho qui n’avait toujours pas fini son sandwich (Gocha avait tendance à tout engloutir) :

    « Tu l’as toujours dans ton périmètre ? » « Oui, oui, je la laisse visiter un peu avant de la rapporter » « Cela pourrait l’énerver, et… *Gacho rigola à ma remarque, Choga explica* « il pense qu’on ne veut pas l’énerver PLUS » « Oui oui, Gacho », je répliquai.

    Le boss et Nova s’éloignèrent du centre de la piece tandis que je m’y rapprochais. L’ogre se concentra un peu et un instant plus tard, Edelweiss réapparu devant nous. La surprise se lisait sur son visage. Je ne savais pas jusqu’où elle avait réussi à s’éloigner de nous durant la minute qui s’était passée. Le boss avait un périmètre assez impressionnant dans lequel il pouvait téléporter les choses, et encore plus impressionnant dans lequel il pouvait se téléporter.

    « Edelweiss, calme toi. » disais-je en essayant d’être autoritaire. « Si tu ressors maintenant de ses murs, la Guilde des Alchimiste te retrouvera certainement avant ce soir, et… »

    Elle n’attendit pas que je finisse ma phrase et se reprécipita vers la porte, toujours déterminée à s’enfuir. Personne de nous trois ne prêta attention à sa fuite et je me tournai vers Nova.

    « Suis-je en train de faire un enfoiré de moi ? » « Oui, mais ce n’est pas nouveau » Le boss rigola dans son coin et d’un instant à l’autre se matérialisa encore une fois Edelweiss. Elle avait l’air furax cette fois. Ne souhaitant pas lui répéter l’expérience, je la pris par les mains, établis le premier contact depuis que nous nous étions rencontrés (premier ou elle était consciente pour protester… Nova avait raison, j’étais un enfoiré). Je gardais ses mains dans les miennes, sans forcer, et yeux dans les yeux, je lui dis avec sérieux :

    « Il faut que tu arrêtes de faire l’enfant et que tu m’écoutes. De ta vie dépends certainement celle de beaucoup d’autres gens si les Alchimistes sont prêts à aller à de tels extrémités pour te capturer. Alors tu vas t’asseoir, avec nous, et tu vas nous écouter. Chacun d’entre nous ici avons mis notre vie en danger pour te sauver. Chacun d’entre nous ici sait ce que c’est de se sacrifier pour l’autre. Et chacun d’entre nous ici, sait que ces sacrifices peuvent être évités, si seulement nous pouvons travailler ensemble ! »
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    Re: Steamlandia et la Guilde des Alchimistes

    Message par Rhapsodie le Mar 13 Déc - 23:05

    Edelweiss n'en revenait pas. Difficile d'être plus outrée qu'elle ne l'était à cet instant présent.

    Ah oui... Ca, il l'avait scotché ! Il avait de loin dépassé les limites !

    Elle se détacha violemment des mains de Kael (non mais pour qui se prenait-il ?!?) et lui rétorqua en criant plus que parlant :

    _ Mais je vous emmerde tous ! Tous autant que vous êtes ! Nan mais qui êtes-vous pour m'ordonner quoi que ce soit et ne serait-ce qu'imaginer que je vais rester bien gentille avec vous, bande de malades ! Jamais je ne resterai ici !

    _ Oh et puis... Comme tu te crois malin en parlant de "sécurité", je te ferai dire que tu les mets tous en danger là... Car oui ils sont à ma recherche et font tout pour m'avoir. Ils n'hésiteront pas à vous détruire tous pour m'avoir. Alors fous moi la paix, laisse moi. Si je dois mourir, je mourrai seule et c'est comme ça. Au moins si je meurs, la ville sera un peu plus en paix et ils n'auront jamais mes pouvoirs. Donc continue de protéger tes copains bizarres et ton ogre à deux têtes là, moi je me casse !

    Cette fois-ci, Edelweiss ne réitéra pas l'expérience de la porte. Elle choisit l'alternative de la potion d'invisibilité et d'illusion qu'elle avait volée antérieurement à un illusiomancien pour fuir.
    Mais c'était sans compter le pouvoir télépathique de l'ogre pour qui l'illusion tomba parfaitement à l'eau. En plus, il se moquait d'elle et l'avait laissé croire qu'elle avait gagné jusqu'à ce qu'elle ne gagne la porte de sortie.

    Là, elle s'arrêta et soupira. Comment allait-elle faire pour sortir d'ici ? Se sentant pour le moment prise au piège, elle ne bougea pas. Elle essaya de transmettre par la pensée à l'ogre qui occupait son esprit qu'il la laisse tranquille, qu'elle ne bougerait pas d'ici, mais qu'elle avait envie d'être seule.
    Elle était sincère et pensait vraiment ce qu'elle lui soumettait. Au bout de plusieurs minutes, elle sentit la présence dans sa tête se retirer et se retrouva seule dans un couloir où il faisait froid.
    Le froid la revigora un peu, elle aimait beaucoup le froid.

    Elle profita de ce moment de solitude pour méditer. Et elle se rappela notamment d'une chose : elle avait deux jours pour rapporter Kael à une mystérieuse inconnue qui l'avait par ailleurs brûlée au second degré. Elle souleva ses vêtements pour y voir encore les douloureuses blessures qui n'avaient pas terminé de cicatriser. Elles n'étaient pas belles à voir, encore très rouges. Elle remit sa robe bleue par dessus et soupira.
    Et si elle profitait de cette occasion, de cette femme, pour les faire sortir et s'échapper ? Une fois sortie, elle pourrait improviser et s'échapper... Et une bonne fois pour toutes s'enfuir vers les montagnes. Elle était convaincue que les montagnes seraient sa libération : loin de tout le monde, enfin seule, saine et sauve, libre. Et elle mourrait de froid et de faim et ce serait là sa plus grande libération et son plus grand bonheur.

    En attendant, il fallait qu'elle les retrouve mais elle n'avait pas du tout envie. Elle leur en voulait. Et elle voulait surtout très fort à Kael. Elle détestait par dessus tout sa sorte d'emprise sur elle et son autorité. Franchement, il ne savait pas qui elle était. Elle aurait pu le tuer pour moins que ça... Ils n'étaient pas du tout ses amis, elles ne les aimaient pas, au contraire... Pourquoi aurait-elle envie de travailler avec eux ?
    Seule sa survie lui importait et si elle pouvait encore éviter de voir tout un monde s'écrouler et finir en flammes à cause d'elle, ce serait bien. Et ca, visiblement, ils ne comprenaient pas.

    Kael

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    Re: Steamlandia et la Guilde des Alchimistes

    Message par Kael le Mer 14 Déc - 9:33

    Elle restait sourde à ce que je disais. Sourde a toute autorité. Et le plus embêtant, elle ne voulait pas d’aide, elle préfèrerait mourir seule qu’avoir quelqu’un à ses côtés et… risquer survivre. Je ne connaissais pas son histoire, et je n’allais pas demander à November de les extraire de force. Cela n’était pas nos méthodes, du moins avec des personnes que l’on souhaitait garder proche.

    Accroupie sur elle-même dans le laboratoire de Nova. Attendant sans doute un moment d’inattention de notre part, ou que le boss s’assoupisse, elle attendrait longtemps. Mais je n’allais pas lui révéler cela. Non. Voici trois jours que j’étais resté au quartier général pour veiller sur elle. Elle ne me devait rien, j’avais moi-même pris cette décision. Mais j’étais au bord de mes limites et j’avais d’autres choses à faire. Sans émotion et un brin résigné, je dis :

    « Boss, peux-tu garder un œil sur elle ? Nova, j’ai besoin de tes talents innés : il faut que je m’achète un nouveau manteau. J’ai laissé mon ancien chez les alchimistes. »

    Le boss se téléporta immédiatement avec Nova toujours accroupie dans son bureau. Une pile de document s’y était accumulé et il commença à les parcourir. Nova s’approcha de moi, s’apprêtant à dire quelque chose mais pensant mieux. Elle prit sa propre veste et son chapeau, et ensemble, nous sortions dans la ville. L’air poussiéreux des rues m’avait manqué. Il faisait tempéré aujourd’hui, le soleil n’arrivait à réchauffer l’air hivernal que suffisamment pour ne pas que les rues soient gelées. Nova ne disait rien, et moi pareil, nous étions tous les deux exténués de ces trois journées… Seul le boss avait eu ses heures de sommeil. Nous nous mimes en route pour la rue des tailleurs.

    Les citoyens de Steamlandia vaguaient à leurs activités comme toujours. Rien de spécial ne s’était passé dans leur quotidien, et ils n’avaient aucune idée des horreurs se passant derrière les murs du palace des alchimistes, ni même aucune idée de ce qui se passait derrière les nôtres.

    Nous arrivâmes à destination sans nous dire un mot, avant que Nova ne brise le silence alors que nous regardions les vestes de la première étale.

    « Ta tentative à être autoritaire n’était pas trop mauvaise, mais je trouvais que les mains étaient un peu trop. » Je rigolais, je m’étais dit exactement la même chose au moment où Edelweiss s’était défait violemment de celles-ci. « Nova, merci d’être rester avec nous durant ces trois jours. Je pense que je t’en dois plus d’une avec cela » « J’en suis à plus 100 dans mon compte, on étalera ces redevances… j’ai assez vu de toi pendant 3 jours que pour devoir encore te voir faire mes 100 volontés durant les prochains jours. » J’éclatais de rire à cette remarque. Ahh Nova, toujours cynique, mais toujours là. Nous trouvâmes mon nouveau manteau assez rapidement. Une veste longue légère de cuir raffiné noir. Grace à un marchandage appuyé, je pu garder suffisamment d’argent en prévoyance des 100 sandwich que j’allais sans doute devoir acheter à Nova. Alors que nous déambulions désormais dans entre les étales, je vis un objet qui me rappela un des premiers cadeaux que ma maman m’avait faits… Une peluche. Je l’achetai sans hésiter.

    « Nova ? Il faut que je retourne chez moi pour reprendre des vêtements propres. Est-ce que cela te dérange de reprendre le manteau et cette peluche au quartier général. Donne la peluche a Edelweiss. Et pour les enchantements, on retourne au bon vieil absorbeur de choc. »

    Voyant qu’il n’y avait aucune argumentation possible et que je n’avais pas préciser qu’il fallait que cela soit direct, elle acquiesça, et je me mis en route vers ma maison.

    Les rues normalement bondées étaient bizarrement désertées autour de ma maison. Quelque chose ne tournait pas rond… Je vis au loin que quelque chose était cloué sur la porte de ma maison. Avec horreur je m’approchai pour découvrir la tête macabre de ma maman. Les mouches tournaient autour de celle-ci. Les cheveux étaient ébouriffés. Le gigantesque clou passait par le milieu de son front. Une expression de peur figée a jamais dans ses yeux. Sa mâchoire ouverte. Des bleus partout au long de son visage. Sa mort n’avait pas été paisible…

    Je tombai sur mes genoux, les larmes aux yeux. Ne pouvant regarder á ce spectacle macabre. Je restai immobile mes yeux plongés sur le sol. N’osant regarder en l’air la dernière vision que j’aurai a jamais de ma maman. Que je m’étais juré de protéger. Toutes ses années à étudier. Toutes ses années à se battre pour la Justice. Et en l’espace d’un instant, mon but ultime dans la vie était évaporé. Cette sensation… Je n’avais même pas envie de rétribution, de vengeance. Un vide se trouvait là où était mon cœur. Pas un vide, une tristesse. Profonde et implacable. Seul dans cette rue déserte. Je restai assis, les yeux sur le sol, n’osant regarder la tête de ma maman. Bercé par le bruit distant de la vie, et proche des mouches. La pénombre tomba, et pas âme qui vive passa dans cette rue ou je me tenais assis et ou toutes les larmes de mon corps avaient coulées.

    Ils savaient où je vivais. Je me relevais, les jambes engourdies. Et me risqua à regarder la tête macabre. Ma gorge se crispa. Plus fort que jamais auparavant. Je pris le clou géant par sa tête, et sécurisait la tête contre une humiliation de plus. J’avais entendu dire que on entendait tout, quand on allait mourir, que chaque instant précédant celle-ci était ressenti un millier de fois plus intensément que tout autre instant de sa vie. Cette sensation devait être liée à la proximité de celle-ci, parce que jamais au grand jamais, je n’oublierai le son grisant du clou traversant le crane de ma maman.

    J’ouvrai la porte, la tête dans mes bras. Je déposais les restes de ma maman sur la table de salon. Je pris ma valise et y fourra tous mes vêtements propres, et cette même peluche. Je pris un autre sac dans lequel je mis la tête. Bien, je retrouvai mes esprits. En moins de deux minutes, j’étais dehors avec une valise et un sac, me concentrant face à cette porte qui m’avais protégé pendant 2 années. Je lançai une boule de feu qui désintégra la porte et mis instantanément le feu à ma cuisine… et je partis.

    Je retournai au quartier général. A mon arrivée, je déposai ma valise à mon bureau et alla directement dans le bureau du chef. Nova était toujours dans son laboratoire, volets tout ouvert, pareil pour le bureau de l’ogre. Nova pouvait voir ce qui se passait dans le bureau du boss et le boss pouvait voir ce que Nova faisait. Sans un regard vers Edelweiss toujours présente, je lançai au boss : « Téléporte Edelweiss dans le labo. Je dois te parler. » Le grave de mon ton ne lui fit pas discuter quelconque partie de ma phrase. Quand ceci fut fait, je déposai le sac contenant la tête de ma maman sur le bureau. « Boss, je te présente ma maman. Gentiment libérée par les Alchimistes en remerciement des évènements des derniers jours. » Je restai impassible. Je n’avais plus rien à pleurer. Et mon cœur ne voulait plus rien ressentir.

    Toujours surpris de cette déclaration, l’ogre se leva sans un mot, se rapprocha de moi, et me pris dans ses bras. De nouvelles larmes me virent aux yeux. Et moi qui pensait que je n’en avais plus. Le monde autour de moi devint noir… Et je m’endormis, les larmes coulant sur mon visage, et toujours debout.
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    Re: Steamlandia et la Guilde des Alchimistes

    Message par Rhapsodie le Mer 14 Déc - 12:06

    Kael était parti avec la docteur en ville. Enfin, c'était ce qu'ils prétextaient, quant à savoir ce qu'ils allaient manigancer... Edelweiss n'arrivait pas à se défaire de sa rancoeur. Elle ne comprenait pas pourquoi tant d'obstination de leur part pour la garder, si leurs intentions étaient bonnes.
    Néanmoins, exténuée et très affaiblie par la faim (elle avait refusé de manger quoi que ce soit et refusait tout ce qu'on lui proposait pour bien montrer sa non-coopération), elle ne pensait même plus à s'enfuir, sauf si vraiment l'opportunité était flagrante pour fuir. Mais d'un autre côté, ils ne l'agressaient pas, étaient patients malgré son mauvais caractère, et ils ne lui faisaient aucun mal. De ce fait, elle restait dans son coin et tant qu'ils ne l'embêtaient pas, elle restait calme et ne posait aucun souci.
    En trois jours, elle s'était habituée à ces personnes. L'ogre avait bon coeur et ses maladresses dans sa manière de s'habiller, de se cogner, de se comporter ou de réagir la faisaient sourire intérieurement. Il était naturel quelque part, franc et avait un certain côté sauvage qu'elle aimait bien.

    Nova revint seule, avec sa petite excursion avec Kael, avec un manteau et une peluche. La peluche ne manqua pas d'attirer son attention. Nova lui sourit, s'approcha d'elle et lui donna la peluche :

    _ Tiens, c'est pour toi, c'est de la part de Kael.

    En temps habituel, elle aurait vivement repoussé la peluche et rétorqué d'un ton agressif qu'elle n'en avait rien à cirer et qu'il n'avait qu'à se la garder. Mais là, un peu de réconfort ne lui faisait pas de mal et elle esquissa même, difficilement, un petit sourire à Nova en guise de remerciement. Elle ne dit rien et blottit la peluche contre elle très fort. Fatiguée et réconfortée par la présence de cette peluche toute douce, elle se laissa dormir en se tapissant dans le coin et en posant sa tête sur la peluche.
    Elle commençait à plonger dans un bon sommeil, la pièce était très calme, chacun vaguait à ses occupations sans lui prêter attention, quand elle entendit Kael arriver. Avant même qu'elle ne le vit, quelque chose clochait. Son humeur, ses émotions. Edelweiss ressentit une profonde blessure et se sentit mal. Elle serra la peluche contre elle et gémit plus fort qu'elle ne l'aurait voulu, elle avait envie de pleurer.

    Elle aurait voulu savoir ce qu'il avait mais l'ogre la téléporta. Elle était mise à l'écart. Ce qu'elle avait ressenti était nettement plus fort que les sentiments humains habituels, même quand ils sont très puissants. Un gros malheur et une souffrance énorme accablait Kael.
    Elle tendit son esprit vers l'ogre, mais celui-ci la rejeta aussitôt. Il était avec Kael et ne devait pas être présente. Edelweiss ne put s'empêcher, à sa surprise, de ressentir une légère désolation. Elle se faisait avoir à son propre jeu. Finalement, à force de cotoyer Kael et avec tout ce qu'ils avaient vécu en l'espace de seulement quelques jours, elle l'avait sondé, le connaissait et malgré tout ce qu'elle tentait de lui faire croire, elle l'aimait bien au fond. Là, elle s'inquiétait pour lui, elle avait presque envie de l'aider, même si elle ne savait pas comment. Elle serait gentille avec lui... Mais maintenant, forcément tout le monde la rejetait pour pas qu'elle ne fasse plus de mal qu'elle n'avait déjà fait. Elle comprenait.

    Elle se blottit alors dans un coin du laboratoire et regarda tristement dans le vide, puis attendit que quelque chose se passe. Plusieurs heures passèrent et elle était toujours seule dans cette pièce froide. Elle avait l'habitude, cela ne lui faisait plus rien. Le manque de nourriture se faisait ressentir et plusieurs fois elle manqua de s'écrouler la tête la première sur le sol. Elle finit par céder et s'endormir profondément.

    _ Réveille-toi... Grrr... debout ! Sur tes pattes, allez !

    Hum... je dors. Je dors.

    _ Non tu ne dors pas, toi faim. Tu dois chasser, chasser pour manger. Toi mourir sinon.

    _ Laisse moi dormir... s'il te plaît.

    _ Tu dormiras après avoir mangé ! Debout ! Grrrr...



    L'ogre téléporta Edelweiss le lendemain et elle se retrouva dans un salon avec l'ogre, Nova et Kael. Mais elle était inconsciente et très affaiblie.

    _ Tu es avec ta meute. Laisse moi, va les rejoindre.

    _ Je n'ai pas de meute.

    _ Si, c'est ta meute, ils ont chassé pour toi, manger, va.


    Edelweiss sentit de petits picotements dans ses bras et se réveilla difficilement en clignant des yeux. Nova était à ses côtés et la réveillait. L'ogre se tenait de l'ordre côté avec un sandwich à la main, prêt à lui donner. Elle se forca à se réveiller, et se leva difficilement, manquant une fois de plus de s'évanouir.
    Puis elle vit Kael. Elle comprit. Elle n'avait même pas fait exprès de lire dans ses pensées, son émotion était si forte qu'elle était immédiatement rentrée dans son esprit.

    Edelweiss dévora son sandwich, mangea encore et encore pour reprendre des forces, puis se releva. Elle se tourna vers Kael et s'avança vers lui :

    _ Viens, je veux te parler à toi seul.

    L'ogre et Nova échangèrent un regard et hésitèrent puis l'ogre la sonda et acquiesça. Edelweiss avait bien pris soin de cacher dans sa tête son intention.

    Elle attendit d'être seule avec Kael puis lui prit la main et le regarda dans les yeux.
    Un de ses pouvoirs s'exerçait avec son regard, elle pouvait manipuler facilement les émotions de quelqu'un en le séduisant avec un regard. Ses yeux nuancèrent légèrement de couleur, passant du bleu pâle au gris argenté et bleu glace et capturèrent le regard de Kael, qui se figea et ne put dès lors tourner ses yeux vers autre chose.
    Alors elle serra sa main fort sur celle de Kael et ferma les yeux, tandis qu'il restait figé et immobile, croyant toujours la voir dans les yeux, oubliant le temps présent comme si celui là était figé également et que rien ne se passait. Edelweiss ressentit une énorme bouffée de chaleur et plusieurs gouttes de sueur coulèrent sur son visage. Une terrible souffrance l'envahit, mais elle serra les dents et ne tomba pas. La douleur fut si intense qu'elle crut qu'elle allait mourir, elle le crut vraiment et se dégagea au dernier moment en hurlant de douleur et trembla de tous ses membres. Elle allait probablement faire une crise de tétanie à présent, le choc avait été trop puissant pour son corps.

    Kael retrouva conscience dès le moment où elle le lâcha pour s'écrouler à deux mètres de lui en tremblant de tout son corps et en tournant de l'oeil.

    Ce n'était pas grave. Ils allaient prendre soin d'elle et la soigner, et elle survivrait. Elle se laissa tomber dans l'inconscience, tant la douleur était difficile à vivre.
    Mais elle avait réussi. Elle avait puisé dans la souffrance de Kael. Le souvenir de sa maman morte serait toujours là, il en tirerait une expérience mais le poids énorme qui pesait sur son coeur était comme disparu. Cela faisait partie de ses pouvoirs, elle pouvait esquiver ses propres malheurs pour laisser place aux malheurs des autres à l'intérieur d'elle et sauver les gens d'une souffrance sans nom. Elle laissait à la place une douce quiétude ainsi qu'une force de vie dans le coeur et l'esprit des gens, les soulageant jusqu’à ce que le temps leur permette de cicatriser leurs blessures, sans pour autant effacer les souvenirs douloureux dans leur mémoire.

    Kael

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    Re: Steamlandia et la Guilde des Alchimistes

    Message par Kael le Jeu 15 Déc - 11:09

    Mais que se passait-il ? D’un moment à l’autre le poids sur mon cœur s’était allégé. Et aussi, d’un moment à l’autre, Edelweiss était tombée, tremblante, sans aucune raison. Désorienté, je criai pour de l’aide :

    « Novaaaaa »
    Elle apparut, assesça la situation d’un regard dans la pièce et s’élança vers la cyborg, toujours tremblante.
    « Que s’est-il passé ? » me demanda-t-elle ?
    « Je n’en ai aucune idée, mais ce poids sur mon cœur, il n’est plus la… »
    Nova pris la tête d’Edelweiss entre ses mains et inspecta les pupilles.
    « Il y a quelque chose de bizarre, c’est comme si une partie de ton aura était en elle. Mais je ne pourrai pas en m’assurer sans regarder dans ses souvenirs. »

    Je considérai cette idée un instant. On ne connaissait toujours rien sur elle. Et même rien sur ses pouvoir apparemment. Nous pourrions mieux l’aider, mieux la… « Il n’en est pas question. » Sortit à la place de ma bouche, Edelweiss nous faisait confiance de prendre soin d’elle. Cet acte, elle savait où cela la mènerait, elle nous faisait confiance.

    « Si je ne sais pas ce qu’il s’est passé je ne peux pas la traiter, Kael ! » argumenta Nova.
    Le boss arriva dans la pièce. Il était vêtu d’une chemise hawaïenne et d’un pantalon blanc, tous deux lui allait à la perfection. Son tailleur personnel s’améliorait, mais je ne voyais pas trop comment il pourrait avoir quelconque autorité dans cet accoutrement.  Je repris :
    « Voilà ce que je pense, Nova, Elle a fait cet acte en nous faisant confiance. Confiance de ne pas utiliser sa faiblesse contre elle. Si elle avait eu besoin de quelconque aide avec ce… sort… elle nous aurait donné des instructions mais elle ne nous a rien donné. Tout ce que je sais, c’est que d’un instant à l’autre, j’allais mal et elle allait bien, puis elle allait mal et j’allais… mieux. »

    Le boss intervint : « Transfert émotionnel. Elle a pris une partie de ta douleur générée par la mort de ta maman. C’est un don très rare, mais le revers… Je comprends mieux désormais. Nova, »
    Le boss téléporta un lit une place qui avait l’air douillet dans le laboratoire.
    « Prends soin d’Edelweiss, prépare un chocolat chaud ou des friandises sucrées au cas où elle reprendra conscience pendant notre absence. Kael, ton équipement est-il restauré ? Nous devons faire une visite à notre guilde Bienaimée. Nous devons savoir ce qu’ils ont fait à Edelweiss. »

    « Euuh ? On ne devrait pas réunir tout l’Ordre pour une attaque frontale ? »
    « Quelque fois demander gentiment est suffisant. » Le boss dit en rigolant et en me donnant les gants qui avaient été si efficace lors de mon dernier séjour chez les alchimistes.

    Sans plus de préparation, le petit laboratoire de Nova se transforma en rue déserte et poussiéreuse. Le soleil indiquait qu’il était midi. Nous étions devant la porte du palace imposant des Alchimistes. Des murs de pierres entouraient celui-ci. La porte de bois était fermée. Le calme entourant ces murs pourrait donner à quelconque touriste que ce qui se passait entre ces murs était paisible. Loin de cela, malheureusement. L’ogre brisa le silence en criant aux murs :

    « NICHEEEEEEEELOMUUUUUUUUUS ! »
    Je me dis que je n’avais jamais entendu le boss crier avant ce moment. « JE DOIS TE PARLER ! ». Le son de la voix de Gocha fit des échos avant que le silence ne reprenne sa place. Nous attendîmes quelques minutes, avant qu’une personne ne se téléporte sur les murs et ne lâche un corps. Ne sachant pas de qui il s’agissait, je me précipitais pour éviter que celui-ci ne tombe au sol. J’arrivais à temps pour rattraper le corps sans vie…. Et me rendre compte qu’il s’agissait de Nichelomus. Même sans vie le corps m’intimidait et d’un coup, je lâchai le corps et fit quelques pas en arrière, continuant de fixer le corps inanimé de la personne qui me faisait le plus peur dans ce monde il y a quelques jours de cela.

    Le boss était resté impassible face à cet évènement, et restait sans bouger, sans broncher. Une jeune figure se téléporta hors des murs, dans l’espace qui me séparait moi du corps de Nichelomus. Il s’agissait d’une femme. Jeune. Elle n’avait rien de féminin, et imposait une présence impressionnante. Des bottes de cuirs, un pantalon de cuir brun, un pistolet à la ceinture de cuir, une chemise simple avec des lacets de cuirs, et un chapeau. Ses cheveux étaient noirs et brillaient. Son visage était intemporel. Je ne pouvais déterminer si elle avait 20 ans ou 40, mais une chose était certaine : Elle émanait une présence incroyable. Une blessure récente lui passait tout le long du visage. Mais son expression était impassible, cette blessure devait lui faire un mal fou. Mais son visage en restait impassible. Elle ne fit aucun mouvement et resta dans la position dans laquelle elle était arrivée : Les mains sur les hanches, la jambe droite un peu en devant de la gauche, et elle avait une cigarette dans la bouche.

    Elle me fit un regard et je remarquai que la cigarette n’était pas allumée. Je m’exécutai et la lui allumai.

    « Merci Kael, alias agent Phénix. »

    Le silence retomba quelques minutes. Elle prenait son temps. Le boss restait à sa position et restait silencieux. Probablement jugeant la situation. Ces moments étaient pesants.

    « Je suis désolé pour ta maman Kael. » continua la femme mystérieuse. « Le vieil homme avait toujours le gout du drame, mais je n’ai pu le neutraliser avant qu’elle ne soit exécutée. Il s’agissait là d’une réaction barbaresque. » Rien dans sa voix n’indiquait qu’elle était désolée. Le boss pris enfin la parole :

    « Es-tu a la tête de la Guilde des Alchimistes désormais ? » Elle rigola, et acquiesça. Son rire n’était pas menaçant. Il était sincère. Le choix des mots de l’ogre a deux têtes était bizarre sur ce point. Je pensai que c’était de cela dont elle riait. Je restai impassible. Cette femme était inscrutable et avait une présence qui me glaçait le sang.

    « Je vais aller droit au but » elle commença, « J’ai repris par la force le contrôle de la Guilde après le fiasco que vous avez fait subir au vieil homme ci-présent. Je compte continuer tout le business établi par celui-ci dans le but de nous permettre de prospérer. Ceci signifie qu’en aucun cas je ne serai votre alliée. Cela ne signifie pas pour autant que je dois être votre ennemie. »

    Je ne pouvais plus me retenir, et lui lança, hors de moi : « Et les expérimentations sur les êtres humains, ces milliers de personnes vivant dans ce quartier que vous faites souffrir chaque jour ! Tu en fais quoi de… » d’un regard, elle me téléporta à elle. Je sentais ma force vitale aspirée. Mon sang semblait se focaliser vers sa main droite. Sans aucun stress dans la voix, malgré le sort qu’elle exerçait sur moi :
    « Ne vient pas interpréter ma familiarité pour de la faiblesse. »
    Puis elle relâcha la pression, et utilisa cette maigre portion de force vitale qu’elle avait canalisée dans sa main droite pour m’envoyer une boule de feu à bout portant, me propulsant 20 mètres derrière. La douleur n’était pas insoutenable, mais elle avait établi sa force et son point : Il n’était pas sage de lui manquer de respect. L’ogre n’était pas intervenu. Elle n’avait pas l’intention de me tuer, mais ayant fait l’expérience de ses sorts, cela n’était pas évident pour moi. Elle continuait comme si de rien n’était :

    « Il ne serait pas dans l’intérêt de la Guilde d’arrêter le progrès que nos expérimentations apportent. Je mènerai la guilde vers la prospérité, et cela inclus le fait de rattraper Edelweiss. Mais face aux changements que mon petit coup d’état apporte, je n’ai ni les ressources ni l’envie de m’inquiéter pour l’instant de cette recherche. » J’étais indigné de la manière dont elle avait osé parler d’Edelweiss. Elle était une femme, une personne vivante ! Je préparais une boule de feu, mais avant que je puisse la lancer, mon boss se retourna contre moi et m’engloba dans un bloc de glace. La glace n’était pas froide, son but n’était pas de m’attaquer mais de me neutraliser. Sans explication il prit la parole :

    « Je comprends. C’est dommage que l’appât du gain te fasse continuer sur le chemin entrepris par la Guilde. » L’autre tête enchaina. « Mais je suppose que c’est normal, pour vouloir ce poste, il faut avoir un certain caractère, et certaines ambitions. » Le boss commença à marcher vers elle. Aucune agressivité dans sa marche. Il ne comptait pas combattre. L’autre tête continua « Je te félicite de ta montée au pouvoir, et te remercie pour ton honnêteté. J’espère que même ennemis, nous pourrons chacun mener un combat honorable pour les valeurs auxquelles nous croyons tous les trois. » Elle rigola à la blague. Il s’arrêta devant elle et lui tendit la main. Elle la prit et solennellement, ils échangèrent une poignée de main. Elle continuait sa cigarette. Quand la poignée de main se brisa, l’ogre demanda :

    « Nous souhaitons les notes de recherche prises par ta Guilde sur Edelweiss. »
    Les yeux de la femme se focalisèrent... « Pourquoi ? »
    « Nous n’avons aucune idée de ses pouvoirs. Et elle ne nous en parle pas. Nous souhaitons bien entendu la protéger de ta Guilde. Mais au possible, nous souhaitons aussi la protéger d’elle-même. » « Je comprends… »

    Elle prit quelques instants pour réfléchir. J’étais toujours coincé dans le bloc de glace. Mais le discours de l’ogre sur le respect entre ennemis m’avait calmé. Si elle était honorable pour respecter ses ennemis, peut-être le serait-elle avec les gens que la Guilde était chargée de garder dans ce quartier ? Cela n’était qu’une maigre espérance, mais depuis mon bloc de glace, je ne pouvais rien faire d’autre. Elle reprit :

    « Je suppose en effet que c’est aussi dans mon intérêt pour l’instant de vous aider à la garder en bonne santé. Je vous enverrai les notes dans les prochains jours. Mais vous retirerez tous vos agents infiltrer dans ma Guilde. Je souhaite un nouveau départ entre les Vigilants et les Alchimistes. Et je comprendrai parfaitement que vous essayiez d’infiltrer plus d’agent chez nous, tout comme je pense que vous comprendrez quand je vous renverrais leur tête macchabées, ou les utiliserai comme sujet d’expérience. »

    Le deal prenait tout une autre dimension. Ne plus pouvoir, même de loin, savoir ce qui se passait dans cette Guilde pourrait se montrer catastrophique pour la ville, pour le quartier. L’ogre répondit que cela serait fait immédiatement. Elle lui sourit et le remercia, avant de se téléporter avec le corps de son ancien maitre dans le palace. Le silence retomba.

    L’ogre me libéra du bloc de glace. Je ne protestai pas. J’avais compris son dilemme et ses raisons. Je me rapprochai de lui et nous étions instantanément de retour dans le laboratoire de Nova. Elle avait fermé les volets et une ambiance sombre et sereine régnait dans le laboratoire. Seulement à cet instant cela me toucha : Nichelomus était mort. En temps normal cela me faisait peur. Notre dernière expédition m’avait prouvée que je pouvais désormais me défendre. Tenir tête face à quelqu’un d’aussi puissant que Nichelomus était désormais à ma portée. Mais mon expérience récente m’avait prouvée qu’il restait un vieil homme affaibli. J’étais aussi fort qu’un vieil homme affaibli désormais mort et remplacé par quelqu’un qui m’a prouvé en l’espace d’un instant une utilisation parfaite de Telemancie, Sanguinomancie, et transformer les énergies extraites de Sanguinomancie en pyromancie. Elle n’était pas que douée. Elle souhaitait juste faire un point de ses capacités mais devait en posséder bien d’autres.

    Edelweiss avait l’air de se porter mieux. Nova dormait à poings fermer sur son bureau. Nova avait disposé des friandises sur une petite table à côté du lit et avait remis la peluche que j’avais acheté pour Edelweiss à ses côtés. Le boss se retira dans son bureau sans rien dire. L’échange avait été étrange, et l’ogre devait rester fidèle a son mot. Cette expérience avec la nouvelle chef dont on ne connaissait pas le nom m’avait fatigué. Mais je voulais être là avec Edelweiss quand elle se réveillerai. Je pris une chaise, et m’assis. Je me permis de retirer mes bottes et de mettre mes pieds sur le lit pour prendre une position plus confortable. Et je sombrais, toujours inquiets pour Edelweiss, mais d’autant plus pour le futur, sachant qu’une personne plus moderne et plus forte que Nichelomus était désormais à la tête de cette Guilde de monstres. Le pire était a venir, mais elle nous avait assuré qu’Edelweiss était sauf, pour l’instant, le temps qu’elle reprenne les reines.

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    Re: Steamlandia et la Guilde des Alchimistes

    Message par Rhapsodie le Jeu 15 Déc - 16:10

    Edelweiss se réveilla, la tête bouillonnante de fièvre. Son sort sur Kael l'avait exténuée mais elle s'en remettrait. Elle se réveillait tout de même pour se forcer à manger et permettre à son corps de son défendre, bien qu'elle n'avait qu'une envie, c'était de dormir et...
    Non. Elle fit taire ses pensées.
    Nova et Kael se trouvaient à côté d'elle et avaient l'air d'attendre son réveil.

    Papillonnant des yeux, Edelweiss prit une longue inspiration et se força à parler :

    _ Qu'est-ce qui s'est passé ?

    _ Non, je ne parlais pas de moi... Kael, tu es parti avec l'ogre, qu'est-ce qui s'est passé ?

    Puis, avant même que l'on puisse lui répondre, elle replongea dans un lourd sommeil.

    Elle ne se réveilla qu'un jour plus tard. La peluche se trouvait à côté d'elle. Elle sourit et la prit dans ses bras. Pauvre petite peluche, elle n'avait pas besoin de la réconforter, ce serait un trop lourd fardeau...
    Edelweiss savait pertinemment qu'elle allait sûrement déprimer avec les sentiments de détresse, d'abandon, de solitude et d'incompréhension qu'elle avait tiré de la souffrance de Kael. Ce n'était qu'une illusion, son travail serait de tenter de relativiser toujours et de se convaincre que ces sentiments, aussi horribles soient-ils, n'étaient pas à elles. Ensuite, il faudrait qu'elle les accepte et qu'elle vive avec, puis ils partiraient, ne laissant qu'une trace dans sa mémoire.

    Elle devait rapidement connaître les derniers événements et les dernières nouvelles qui s'étaient passées durant son long sommeil et apprendre davantage en matière de magie. Elle commençait tout juste à percevoir la télépathie et apprendrait vite de l'ogre comment s'en servir. Elle devait aussi se trouver des objets pour se protéger des sorts de brûlure ou autre qui parviendraient à la tuer. Entraînements intensifs, apprentissage de sorts magiques et trouvaille de potions ou d'objets protecteurs, voilà qui l'occuperaient suffisamment pendant quelques jours pour se changer les idées et ensuite battre la Guilde.
    Ces récents jours lui avaient montré qu'elle n'était plus la plus forte. Elle s'était affaiblie autant physiquement que mentalement. Il fallait qu'elle retrouve sa force de caractère et qu'elle tue tous ses ennemis pour trouver la paix et défendre les innocents. Tel était son but.

    Alors qu'elle était en train de se focaliser sur cette pensée, une petite voix lui parvint dans sa tête :

    _ Je t'attends, Edelweiss. Toi et ton ami Kael qui semble aussi intrépide que toi. Tu as déjà dépassé ton délai des deux jours.

    Une bouffée de chaleur lui monta au cerveau et la fit vaciller, puis disparut juste avant qu'elle ne tombe inconsciente.

    Décidément, c'était une manie ! Jamais elle n'était tombée autant de fois dans les pommes dans toute sa vie qu'en ces quelques jours. Plus convaincue que jamais et même pas touchée par cette voix, dont elle savait parfaitement l'origine et la responsable, elle fonça dans la pièce d'entraînement pour se défouler et massacrer tout sur son passage.

    Quand elle eut fini, l'ogre arriva dans la pièce.

    _Hum... Quand nous avions construit cette salle à la base... Je n'avais pas pensé qu'on la massacrerait comme ça. Ce n'est pas le type d'échauffement dont nous avons l'habitude... Néanmoins, ca m'a l'air plutôt efficace !

    _ Ton échauffement s'est-il bien passé ? Lui rétorqua d'un ton cynique l'autre tête, alors qu'elle était encore sur ses gardes, prête à bondir sur un autre mur pour tuer quelque individu imaginaire.

    Edelweiss reprit son sang froid au bout de plusieurs minutes, en sueur, faisant taire le grondement qui avait émergé lors de sa folie meurtrière.

    _ J'ai faim, rétorqua-t-elle sans même prêter un regard à l'orgue en passant à côté de lui.

    Kael

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    Re: Steamlandia et la Guilde des Alchimistes

    Message par Kael le Jeu 15 Déc - 19:26

    A mon réveil, Edelweiss n’était plus dans le lit. Elle y avait laissé la peluche. Mais je ne m’inquiétai pas. Le boss était présent et gardait un œil attentif sur tout ce qui se passait dans le quartier général. Nova se réveilla en même temps que moi. La nuit tombait et derrière la fenêtre.

    « Ahhh, ça fait du bien de se reposer. », lui dis-je en guise de salutation. « Tu peux bien, voici une journée que tu empestes mon laboratoire ! » « J’ai dormis toute une journée ?! » « Oui, oui, mais considérant les derniers jours que tu as eu, c’est normal. » « … Je n’ai plus de maison, je n’ai plus de maman… Je n’ai plus d’argent, aussi. J’pense qu’il serait temps que je prenne une mission, n’est-ce pas ? » Nova rigola, « A croire tu pendant ces 6 jours, tu fuyais le travail. N’oublie pas que tu me dois encore 100 redevances ! » me criait-elle alors que je quittai son laboratoire pour aller regarder le panneau d’affichage des missions pour des… partis en besoin de mercenaires professionnels.

    Le panneau était affiché à côté du bureau du boss. Peu de collègue étaient présent. Je faisais partie des paresseux de la Guilde. Mais étant donné les circonstances exceptionnelles des derniers jours, cela s’expliquait facilement. La plupart des prisonniers que nous avions libérés il y a de cela deux jours étaient aussi partis, certains en mission avec un de nos agents chargés de l’entraîner, et certains avec de nouvelles identités, en quête d’une nouvelle vie, soit dans Steamlandia soit dans une autre ville.

    Les Vigilants n’étaient que très peu financé par le Haut-Conseil de Steamlandia, mais avec un accord avec beaucoup de personnes influentes. Ils nous donnaient des missions. Nous les accomplissions et 10% de ce que l’on gagnait revenait à la guilde. Nous travaillions de manières bénévoles ici. Chacun était attiré par son sens de la justice. Et aussi par les divins croissants que rapportait de temps en temps le boss.

    Mais principalement le sens de la justice, peu importe par quoi celui-ci prenait sa source. Celui-ci était remplis de missions honorables : escorter une caravane vers une autre ville, retrouver un enfant perdu, et quelques fois de missions un peu moins, voler un voleur, arrêter une armée envoyée après qu’un riche de la ville n’ait réquisitionné une princesse dans un état voisin. Leur sens un peu moins honorable était en général gracieusement compensé. Nous accomplissions toujours les missions, mais quelques fois à notre manière. L’armée serait arrivée à Steamlandia et beaucoup de morts en auraient résulté. Notre boss d’ogre avait établi une stratégie à la place. Il avait commandé à la Guilde des Sanguinomancien un clone de la princesse, et la restitua contre promesse de ne pas lancer de guerre insensée. Enfin, il restitua la vraie princesse à l’état voisin, et donna le clone au Noble ne remarquant pas la différence, la femme n’était qu’une poupée pour lui.

    Nous essayons de rapporter la justice là où nous le pouvons, et de prévenir les atrocités là où la justice ne peut être rencontrée. Je regardais les missions « moins honorables ». Je n’avais plus beaucoup d’argent, plus de maison et une centaine de sandwich à acheter… A moins que je n’apprenne la Sandwichomancie. Mais Nova arriverait à se plaindre de la qualité de ceux que je ferai.

    Un Noble souhaitait l’aide d’un valeureux Vigilants afin de chasser les pestes de corbeaux et de loups venant attaquer son bétail et ses plantes. Mhhh, le prix offert était en effet trop bas, et la mission ne me permettrai certainement pas de m’améliorer. Le boss m’avait laissé garder ses gants qui m’avaient permis de rivaliser avec Nichelomus, je pensais donc à viser plus haut.

    Un membre du Haut-Conseil requérait l’aide immédiate d’un agent haut classé des Vigilants. La mission consisterait à réquisitionner les plans d’une nouvelle machine à rouages qui permettrait de créer des trains personnels que chacun pourrait conduire. Venant de la personne à qui appartenait la société principale de train, voilà qui n’était pas surprenant. Les raisons que la personne invoquait est que l’introduction de cette machine induirait encore plus de différences entre riches et pauvres. Les rues de Steamlandia n’étaient pas adaptées à cette machine et certainement, l’usage impropre de cette machine viendrait tuer des gens. Ses raisons financières personnelles n’apparaissaient pas sur l’annonce. L’échange se passerai dans une ville portuaire à l’est de Steamlandia entre des membres élevés de la Guilde des Bricolomanciens et une Guilde des Inventeurs d’un état voisin. Le transport en train serait arrangé pour tout qui accepterai d’affronter la fureur de ces deux guildes. Tout or récolté sur place serait le bonus de la mission.

    Était-ce l’air de la mer qui me manquait ? Je pris l’annonce et me dirigeait à mon bureau… pour me retrouver dans la rue pavée, assis sur une confortable et classe chaise de fer, un sandwich devant moi et le boss assis sur la chaise devant moi, et Edelweiss sur la chaise à gauche de moi. Le soleil se couchait et partout autour, des bougies étaient allumées. L’ambiance était chaude grâce à un feu voisins, et l’ambiance enchantée ». Edelweiss et Gocha étaient en train de dévorer un Sandwich. Edelweiss lançait des regards fâchés à l’ogre, et en même temps reconnaissant. L’avait-elle aussi téléporté ici de manière impromptue qu’avec moi ?

    « Salut Kael, bien dormis ? » me demanda Gacho. « Oui, tiens *je posai l’affiche que je venais tout juste de prendre du panneau d’affichage* ma prochaine mission » « Je suis ravis que tu m’en parles ! Figure-toi que notre petite Edelweiss *regards méchant d’Edelweiss vers l’ogre* (il y a un potentiel de jeu à boire là) s’entrainait ce matin. » Je regardais Edelweiss avec étonnement. « Avec tous les nouveaux dans l’équipe, tous nos autres agents se sont vu assignés un apprenti à éduquer et entraîner. Et je pense, Kael, que tu apprendrais énormément avec elle. » Je m’indignais à cette dernière remarque, mais rigolais intérieurement. « Hey, sales têtes de… » mon sandwich se téléporta dans ma bouche et je fus interrompu par une bouchée divine de thon aux oignons. Je levai les yeux aux ciels et finissait cette bouchée, j’avais vraiment vraiment très très faim. « Finissons de manger, et j’aurai un certain équipement pour toi Edelweiss, pour tes maux de tête, avant que vous partiez pour votre… » L’ogre regarda pour la première fois l’ordre «… mission de Subtilisation. Vraiment Kael ? En plus avec tes nouveaux gants !... » Nous rigolions tous ensemble.
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    Re: Steamlandia et la Guilde des Alchimistes

    Message par Rhapsodie le Ven 16 Déc - 15:02

    C'était la première fois qu'Edelweiss allait avoir une mission... Collaborer avec quelqu'un, ou une équipe... N'était-ce pas là carrément étrange, voir... impossible ? Un grand mélange de stupéfaction et d'inquiétude la tiraillait. L'idée d'une mission l'attirait fortement ! Goût du risque, exploration, voyage, aventures et batailles ! Mais... collaboration. Et en plus, une mission de subtilisation ? Comment pourrait-elle être subtile sachant qu'elle même était de loin l'élément le plus recherché et que sa manière de se battre dévastait tout sur son passage... Hum... Intéressant, elle aurait à apprendre de Kael pour maîtriser ses émotions et garder son sang froid, voir arriver à conquérir sans tuer de façon apparente. Elle 'lavait déjà fait mais... quand elle était seule avec une seule personne...

    Au moment de partir, Kael et Edelweiss rangèrent leurs affaires. Edelweiss prit ses équipements, tous très fins et subtils, pour le coup, quasiment inapparents. Puis, bien qu'elle n'aimait absolument pas se l'avouer, elle attendit que tous eurent les yeux tournés pour prendre discrètement sa peluche. Pourra toujours servir, pensa-t-elle. Cette petite boule de poils toute douce serait toujours à ses côtés et veillerait sur elle. Ca va, personne ne l'avait vu faire ça...

    Puis elle attendit au pied de la porte qu Quartier Général Kael, sans dire un mot. Elle avait encore du mal à s'imaginer cette mission. Elle devrait lui parler durant tout le voyage... Rien que ça ! Rien que ça lui semblait insurmontable. Son côté sauvage en prendrait un grand coup. Mais Edelweiss était convaincue que cette mission lui apporterait beaucoup, justement en sociabilité. Obligée de voyager avec Kael, elle serait forcément contrainte à parler et à se comporter normalement, enfin, comme une humaine normale quoi.

    Quand elle le vit, elle changea en un claquement de doigts de tenue, se métamorphosant en civile, dissimulant ses câbles, changeant de couleurs de cheveux et optant pour des couleurs sombres et passe-partout. Puis ils prirent le train.
    Edelweiss n'avait jamais pris le train. Elle se tut jusqu'à ce qu'ils durent monter dans le train. Elle découvrit alors LA chose terrifiante du train : devoir passer de wagons en wagons pendant que le train accélère. Il y avait tellement de mondes qu'ils étaient encore debout à chercher une place quand le train démarrait. Et les espaces entre les wagons, plus à l'extérieur qu'à l'intérieur du train selon Edelweiss, n'était absolument pas sûr. Kael avait dû au moins passer 5 minutes à la convaincre pour franchir cet espace, ignorant les grondements et la fureur d'Edelweiss, pour qu'elle se décide enfin à sauter de l'autre côté du wagon, ronchonnant toujours pour cacher en réalité sa peur.
    Elle avait décidé qu'elle n'aimait pas le train. C'était une invention toute récente, il allait trop vite, il bougeait trop fort, il faisait trop de bruit et toute façon, ces passages inter-wagons n'étaient pas du tout sûrs.
    Edelweiss ne dédaigna pas tourner la tête de la fenêtre pendant la première heure de voyage, pour se remettre de ses émotions et arrêter de bouder.

    Puis, à force d'entendre Kael parler, elle se sentit obligée de "communiquer".

    _ C'est où qu'on dort là-bas, dans le pays breton ? Y aura une douche ?

    Puis il essaya de la faire parler un peu d'elle. Edelweiss se demandait pourquoi. Pourquoi ils voulaient toujours savoir qui elle était. Ca se voyait pas ? Et pourquoi faire ?
    Elle répondit simplement oui et non, faisant tout de même de gros efforts pour parler. Elle n'était pas du tout à l'aise.
    Toute façon, elle n'avait même pas besoin de lui poser ce genre de questions à lui car elle pouvait le sonder très naturellement pour être au courant de ses émotions et de ses sentiments et parfois même de ses pensées, quand celles-ci étaient fortes et omniprésentes dans sa tête. C'était peut-être pour cela que les humains aimaient se raconter leur vie. Sans ce pouvoir naturel, ils trouvaient une certaine sécurité puis de l'amitié envers les gens qu'ils connaissaient le plus. Encore une illusion, se dit Edelweiss. L'envie de comprendre une personne en sachant sa personnalité et son histoire la rendait-elle saine et pure ? Pourquoi ce sentiment de sécurité de connaître une personne en particulier, cela n'était-il pas discriminant pour toutes les autres créatures seules et incomprises ?
    Elle garda ces pensées pour elle.

    Puis Kael commença à lui raconter son histoire, à lui parler de sa maman, puis de sa vie, même de ses pensées. Edelweiss était terriblement gênée. Pourquoi lui racontait-il tout cela ? Elle n'avait rien demandé ? Même si, elle reconnut que cela était très intéressant, et qu'elle éprouvait davantage d'empathie pour lui à force de le connaître. Il était gentil. Mais quand même, pourquoi lui racontait-il sa vie, c'était si risqué. Et si quelqu'un l'entendait par télépathie ?
    Hum... Non, le train en mouvement empêchait toute télépathie extérieure. Quelque part, ils étaient en sécurité et la femme agressive qui était à la tête maintenant des Alchimistes ne viendrait pas la torturer ici...

    Reconnaissant dans l'histoire de Kael plusieurs points similaires avec elle, elle s'attendrit et se décida, seulement à la fin du voyage, de parler.

    _ Edelweiss n'est pas mon vrai prénom.

    Elle attendit un long moment, regardant toujours pas la fenêtre les paysages ruraux défiler, pour continuer. C'était très dur de parler de soi, et elle ne savait par où commencer.

    _ Je n'ai jamais eu de parents et personne ne sait d'où je viens ni qui je suis. Je suis donc la mieux placée pour me connaître. C'est un docteur qui m'a adoptée. On m'avait, apparemment, s'il dit vrai, laissée au pied de sa porte, une nuit d'hiver, et j'aurais pu mourir de froid. J'avais déjà un an. Impossible de savoir ce qu'il m'était arrivé et comment j'avais survécu pendant cette année.
    Quand le docteur m'a adopté, c'est lui qui m'a mis les câbles à mon dos. Je n'ai aps trop compris pourquoi, j'étais encore jeune quand j'ai fui pour vivre seule.

    _ Les câbles me permettent une auto-suffisance cardiaque. C'est ce qu'il disait. Et comme il était un très bon docteur expérimenté et très débrouillard, c'est aussi lui qui m'a greffé des objets dans mes doigts pour me permettre de me défendre. Je me demande s'il n'a pas fait exprès de me faire fuir de la maison... Il était méchant, enfin... il l'était à travers mes yeux d'enfants qui réclamaient un père ou une mère. Je n'avais aucune affection. Sa femme était plus gentille, mais elle ne m'aimait pas, je n'étais pas sa fille.

    Edelweiss baissa les yeux et joua machinalement avec ses mains. Une longue pause, encore, pour reprendre son récit.

    _ J'ai quitté la maison à 12 ans. Le docteur m'avait permis au moins une chose : il 'mavait appris à me battre, à être dure de caractère pour ne pas me laisser amadouer ni avoir pitié d'une créature pour la tuer... D'ailleurs, j'ai dû tuer mes animaux de compagnie à l'âge de 7 ans, l'âge de raison, il disait... J'avais pleuré et il m'avait giflé et privé de nourriture pendant 3 jours. C'est ce genre d'expériences horribles qui m'ont fait fuir. J'ai dû apprendre à oublier mes malheurs pour encaisser toujours les nouveaux, et apprendre que la vie n'était que survie et cruauté permanente...

    _ La vie dans la montagne avant d'atteindre Steamlandia était paisible, malgré la température capricieuse, le manque de nourriture. Au moins, il n'y avait pas de cruauté humaine. Mais j'avais besoin d'aller à Steamlandia pour me nourrir et survivre. C'est à ce moment là que...

    Un homme arriva brutalement sans crier gare dans leur cabine, pour annoncer d'une voix haute :

    _ Le train arrive en gare ! Préparez vos valises ! Les femmes et les enfants ne bougent pas tant que le train n'est pas complètement arrêté, ok ?

    Puis il repartit aussi vite qu'il était venu pour crier la même chose dans le wagon d'à côté.

    Edelweiss reprit ses esprits et rougit d'un coup, se rendant soudain compte qu'elle venait de parler... DE PARLER D'ELLE !!! Elle se tut et ne dit plus rien jusqu'à leur arrivée dans une grande auberge, où une femme bien grassouillette, sûrement une cuisinière, vint les accueillir.

    Kael

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    Re: Steamlandia et la Guilde des Alchimistes

    Message par Kael le Ven 16 Déc - 17:37

    La nuit tombait sur la petite ville portuaire de Eshora quand le train arriva. J’avais appris tellement sur Edelweiss durant ce voyage. Enfin, Elle m’avait dit que cela n’était pas son vrai prénom. Mais je n’avais toujours que celui-là pour y faire référence. Je réfléchissais tout aussi silencieusement qu’elle ne marchait à ce qu’elle m’avait dit alors que nous nous dirigions de la gare de train vers la petite auberge ou J’avais réservé une chambre.

    Elle avait vécu avec un père adoptif abusif, qui ne pouvait lui donner que des outils pour la vie, mais pas une éducation pour celle-ci. Il essayait d’en faire une machine à tuer. Mais Edelweiss avait une conscience. Elle était sensible à la vie, et la respectait au plus profond d’elle. Je supposai que ses manières très recluses lui venaient du fait d’avoir fait une série de rencontre avec des personnes qui ne mériteraient pas d’être en vie… Nichelomus en était un exemple. Son histoire était tragique, mais elle me l’avait raconté. Je la voyais sous une toute autre dimension… Elle avait l’air plus humaine tout d’un coup.

    Elle marchait un brin en avant de moi, ce qui me permis de l’observer. Sa magnifique robe noire, ses cheveux volants, soufflés par cet air marin indiquant la proximité de la mer, et ses yeux, regardant avec intérêt chaque détail de cette nouvelle ville pour elle. Les bougies aux postes venant illuminée cette rue pavée déserte… Et Edelweiss était magnifique. Je senti une présence dans mon esprit se retirer. Était-elle en train de m’écouter ?

    Nous arrivâmes à l’auberge assez rapidement. La cuisinière vint nous saluer, toujours dans sa toge de cuisine, et avec un sourire allant d’oreille en oreille :

    « Salutations, Kael je présume ? Et comment s’appelle votre compagne ? » « E…*Je jugeais meilleur de mentir sur ce point* Elissandra » « Ohh, Dame Elissandra, Monsieur Kael, je suis ravis de vous accueillir dans mon humble auberge ! Vous aviez réservé une chambre pour deux, avec deux lits séparés en effet ? » « C’est exact » « Bien, vous avez déjà un message ! » me dit-elle en me passant discrètement une lettre. » Parfait, nous étions acceptés pour le job, et les premières instructions se trouveraient certainement dans l’enveloppe. « Laissez-moi vous montrer votre chambre. »

    Edelweiss n’avait bougé durant cet échange. Elle était restée calme, et je m’estimais heureux de cela. Alors que nous montions les escaliers pour aller vers notre chambre, elle me laissa passer le premier. Essayant de maintenir le côté gentleman, j’insista, mais elle m’obligea à passer premier. Elle était bien dans ma tête quand nous marchions dans la rue. Nous rentrâmes dans notre petite chambre deux lit à part. Celle-ci contenait également une petite commode avec miroir ainsi que deux trois illustrations de la ville ou par des artistes locaux sur les murs. Une horloge de rouage se trouvait se ma table de nuit et pas celle d’Edelweiss, et une chaise longeait le mur. J’étais toujours étonné du manque d’imagination dans les auberges, mais peu importait. Je déposai la valise, m’assis sur un lit et commençai à lire dans ma tête :

    ‘Agent Phénix, merci d’avoir répondu aussi vite à l’appel. Le rendez-vous aura lieu le 21 au soir *le lendemain*, dans l’entrepot maritime numéro 39. J’espère que vous ne commencerez pas une guerre. Des Alarm-o-bots ont déjà été déployés dans la zone par la Guilde des Bricolomanciens.’

    Les Alarm-o-bots étaient une invention toute révolutionnaire, mais très limitée. Ces petits soldats de rouages et de verres patrouillaient automatiquement sur une zone de 3 mètres sur 3 mètres. Des petits orifices faisant penser à des yeux détectaient les mouvements qui avaient lieux en prenant en compte les Alarm-o-bots voisins. Si mouvement il y avait, les rouages changeaient de direction pour que le petit robot crie d’une voix tonitruante : « ALERTE, ALERTE, ALERTE », jusque quand quelqu’un venait le désactiver, ou que quelqu’un exaspéré par cette technologie ne le détruise. La seconde option était en générale celle qu’adoptaient les personnes peu familières avec la technologie.

    Mhh…Un plan naissait dans mon esprit. Si Edelweiss arrivait avec sa vitesse inhumaine à déposer les bases de mes runes de prisons de feu, nous pourrions piéger l’entrepôt. Ces prisons auraient un effet mineur mais suffisamment puissant pour donner l’illusion à la guilde des Bricolomanciens qu’ils pourraient s’en sortir en volants les plans aux Scientifiques de l’autre guilde, et ainsi épargner leurs porte-monnaie. Mais tout d’un coups, Edelweiss sortirai de l’ombre et commencerai à tuer les Bricolomanciens. Faisant croire à un revers de plan. Et je dévoilerai ma « loyautée » envers la guilde des Bricolomanciens montrant bien mes talents en pyromancie, me rendant responsable des prisons de feu. Ce plan était basé sur le fait que les deux partis ne s’étaient jamais rencontrés. La mission souhaitait que les plans ne soient pas échangés, mais ces plans pouvaient être mémorisés. Il fallait donc donner une raison pour que l’échange n’ait pas lieu. Si nous arrivions à prétexter qu’une guilde aurait tendu un piège à l’autre, les chances qu’un échange ou qu’un autre rendez-vous aille lieux seraient réduites à néant. Si nous venions piéger les « Edelweiss ? Peut-on parler de la mission ? »

    Je lui expliquai mon plan et attendit sa réaction.
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    Re: Steamlandia et la Guilde des Alchimistes

    Message par Rhapsodie le Sam 17 Déc - 12:11

    _ Pourquoi est-ce encore moi qui doive tuer ? s'offusqua Edelweiss.

    _ L'ogre a dit que c'était une mission de subtilisation, on peut suivre ton plan sans tuer.
    Puis, vexée par cette stratégie où elle avait le mauvais rôle, enfin où elle voyait son propre reflet de meurtrière à travers les yeux de Kael, elle rétorqua :

    _ Tu n'es vraiment pas bon stratège. Je me demande comment tu fais pour être encore en vie. C'est l'ogre qui te sauve les miches à chaque fois n'est-ce pas ? Même une fillette serait plus intelligente.

    Elle le fixa dans les yeux d'un air mauvais et partit en claquant la porte de la chambre (cette fois-ci la porte était bien restée à sa place, se rassura-t-elle), pour se diriger vers la cuisine. Elle avait faim et avait envie d'être seule.

    Elle se retrouva nez à nez avec un jeune cuisiner qui courait apporter ses plateaux  et qui faillit perdre son équilibre en s'arrêtant devant Edelweiss qui n'esquissa pas le moindre sourire ni un bonjour.

    _ J'ai faim, c'est où qu'on mange ? s'embêta-t-elle à dire, comme si ça ne se voyait pas. Encore un jeune perdu...
    _ Mais, c'est dans la salle de l'auberge, mada... mademoiselle, pas dans la cuisine.

    Edelweiss repartit donc vers la salle de l'auberge, comme il disait, sans le remercier, agacée.
    Elle se posa à une table près de la fenêtre, loin de tout le monde, dans un petit coin à l'ombre. Parfait. A force de voir les autres manger, elle se demanda pourquoi on ne lui apportait pas à manger. Elle faillit se lever pour aller se servir mais elle se ravisa, ce n'était sûrement pas de bonnes manières et elle verrait bien comment elle devait se comporter en observant la scène. Elle regretta de ne pas être un animal pour aller chasser elle-même.

    Elle regarda par la fenêtre. Il faisait nuit noire. Elle pouvait distinguer quelques arbres au loin et l'entrée. Les sapins étaient décorés de guirlandes. C'était bientôt Noël. Elle soupira. Elle détestait cette période puérile et hypocrite. Les gens étaient encore plus bêtes que d'habitude.

    Demain soir, elle ferait style de tuer ces gens mais elles ne les tueraient pas. Pourquoi n'essayerait-elle pas l'illusiomancie ? Elle n'aurait qu'à apprendre... Et au pire, elle les tuerait si cela dégénérait... Elle pouvait tout aussi bien les assommer et verser du liquide rouge sur le cou. L'autre guilde s'y laisserait avoir.
    Mais ils n'avaient même pas de plan B, de solutions de secours, ils n'avaient même pas observer les lieux et chercher les sorties... Edelweiss avait toujours exploré avant. Pourquoi Kael fonçait-il tête baissée ?

    Elle rageait quand celui-ci vint la retrouver à sa table en apportant deux délicieux plateaux de repas. Elle bouda. Deux hommes assis au bar se retournèrent plusieurs fois sur elle. Elle se rappela ce qu'elle faisait enfant quand elle ne voulait pas quelque chose, c'était sa façon de s'exprimer. Elle croisa ses jambes en tailleur face à la fenêtre, croisa les bras et fronça les sourcils.
    Mais les deux hommes éclatèrent de rire et Edelweiss se sentit fortement vexée. Cela n'avait rien de drôle ! Elle sentit le honte monter et n'osant affronter le regard de Kael, elle courut dans sa chambre, sans même avoir mangé quoique ce soit, et éclata en sanglot sur son lit.

    Kael

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    Re: Steamlandia et la Guilde des Alchimistes

    Message par Kael le Dim 18 Déc - 0:35

    Je restai dans la chambre alors qu’Edelweiss venait de réduire mon plan initial en bouillie. Elle ne tuerait pas pour les missions, mais ne le ferait que pour survivre. Il me fallait une alternative. Il était possible qu’on vienne tourner les guildes contre les autres. Il fallait que d’ici demain je nous procure un symbole de la guilde des inventeurs. J’avais déjà pris un des symboles de la Guilde des Bricolomanciens au quartier général de Steamlandia. Peut-être n’avions-nous pas besoin de tuer, mais juste d’assommer et de nous-même voler. Notre but était en effet aussi de ne pas commencer une guerre. S’il s’agit juste d’un vol sans meurtres, une guerre sera moins probable.

    Il restait cependant une barrière : Les plans écrits seraient certainement tenus par le chef des scientifiques de la Guilde voisine. Si nous devions le combattre pour les plans, cela résulterait très certainement en une cohue de mort. Il faudrait que nous le téléportions à un endroit. Avec de la chance cette homme ne sera pas Télémancien et nous pourrons le défaire dans un endroit plus simple. Je pense que profiter du faire d’être proche de la mer serait bon. Si nous pouvions le téléporter ainsi que nous sur un bateau, les choses seraient plus simples. Mon feu ne risquerait pas de brûler la moitié des entrepôts de la ville.

    J’avais une alternative, mais il nous faudrait investiguer demain sur les pouvoirs de ce chef afin de pouvoir le confronter et avoir une chance d’en sortir vainqueur. Et aussi trouver un des insignes de cette guilde et trois glyphes de téléportation. Je pensais à mon ventre et le senti gargouiller… Je n’avais pas mangé depuis ce matin, et il était grand temps que je me restaure. Je retrouvai Edelweiss à une table de la jolie auberge. Un feu illuminait la cheminée, et deux autres convives étaient au bar en train de tomber les pintes un peu trop rapidement à mon goût. Lorsque je passais à côté du bar pour me diriger vers la table ou Edelweiss attendait le repas, ils me firent une remarque sur ma redingote de cuir. En quoi est-ce que celui-ci indiquerait quelconque attirance pour des hommes ? J’ignorai cette remarque. Mon estomac grommelait d’autant plus. Je changeai de direction pour la cuisine afin de récupérer une assiette pour moi et pour Edelweiss.

    Quand je m’assis à la table, Edelweiss me boudait encore. J’entrepris mon plat sans attendre qu’elle arrête de bouder et qu’elle commence à manger. Quand les deux ivrognes se retournèrent, et se moquèrent de son comportement, Edelweiss s’enfuit dans la chambre. Se moquer de moi était une chose, mais se moquer d’un de mes amis, de le vexé… Je fini ma bouchée et leur demandai d’un ton grave et calme : « Pourriez-vous quitter cet établissement, dès maintenant ? Votre présence est soudainement devenue une insulte aux valeurs des bonnes manières ! Pour quelle guilde travaillez-vous ? » « Huh, il dit quoi le gay là ? Tu oses t’adresser ainsi à deux scientifiques de l’état de Porrigante ! » Bingo, piles les personnes que j’allais chercher demain. Bon, je devais faire dégénérer ce soir en combat de mains, les faire sortir de l’auberge, les assommer et prendre leurs vestes et leurs portes monnaies afin que mon but ne soit pas trop évident. « Et ils recrutent des ivrognes là-bas ? Comportez-vous de manière à faire honneur à votre Guilde, bandes d’ivrognes. » Les deux hommes se levèrent de leur chaise et se déplacèrent vers ma table. Je continuais de manger calmement ce divin mélange de pommes de terre, de carottes, de navets et de mouton. Ils avaient leurs insignes cousus sur leurs vestes grises. L’un d’autre eux était un gros gaillard bourru et chauve, l’autre un peu plus maigrichon avait des marques de brulures violettes sur les mains. Celles-ci étaient caractéristiques des Arcanomanciens. Je devrai faire gaffe à celui-là. Enfin, il risque plus de se tuer s’il essaye de conjurer quoi que ça soit dans son état. Raison de plus pour que je l’assomme rapidement : Si quelconque membre de leur Guilde venait à manquer à l’appel il se pourrait que le rendez-vous soit changé. Il fallait que je maintienne les choses dans leur état.

    Ils lancèrent sans annonce un coup de poing sur ma table, renversant mon assiette sur mes jambes. Pfff, ils sont si prévisibles ces idiots. Sans un mot je me levais et sortait de l’établissement. Ils me suivirent, le défi avait été lancé et j’avais exactement la situation que j’attendais. Je les attendis dehors. Personne n’était dans la rue. Ils se ruèrent sur moi. Leur ébriété leur faisant se penser plus fort que tout le monde. D’un simple revers et d’une impulsion de flamme, j’esquivai leur ruée hippopotamesque, et conduit mon talon dans l’estomac du gros monsieur. Celui-ci se coucha de douleur par terre et j’enchaînais directement par un coup de pied sur la tête afin de le rendre inconscient. L’Arcanomancien était en train d’un orbe d’arcane d’après les runes que dessinait ses mains. Pff, ces amateurs. D’un revers de la main je lui brûlai un de ses doigts, ce qui lui fit rater une de ses runes et l’énergie qu’il avait déjà accumulée lui revint en pleine tête et le propulsa contre le mur, inconscient mais encore vivant. En l’espace de 10 secondes le spectacle était fini, et j’avais une tâche en moins à faire le lendemain. Je pris une de leurs vestes, ainsi que leur deux portes-feuilles. Je donnais le contenu en argent en entier à la tavernière en rentrant, et elle me fit signe de la tête que le payement pour son silence était suffisant. Je lui demandai pour avoir une assiette de rechange pour moi et une assiette chaude pour Edelweiss. Je remontai dans la chambre, ou elle pleurait sur son lit. Je posais nos assiettes sur la chaise et m’assis sur mon lit. Je lui dis :

    « Edelweiss, je comprends que mon plan ne te plaise pas et j’ai une alternative pour celui-là. Tu n’es pas une machine à tuer, et je suis désolé de l’avoir considéré pour l’espace d’un instant dans mon plan initial. » Je repris mon souffle… La voir pleurer me brisais le cœur, je voulais la réconforter, la prendre dans mes bras… Et je savais bien qu’elle avait fait tant de progrès ces derniers jours, mais lui faire un câlin, comme cela maintenant, je ne pensais pas que ça l’aiderait. « Sache que j’ai donné une leçon aux deux hommes qui ont osé se moquer de toi, et que cela nous a permis de faire le premier pas vers le succès de cette mission. » lui dis-je en montrant la veste de la Guilde des Scientifique de Porrigante. « Demain, nous n’avons qu’à les piégés dans les prisons de feu, créer un peu de cohue en assommant certains d’entre eux, utiliser des glyphes de téléportation sur la personne qui aura les plans, le chef de la guilde des Scientifiques je suppose, et le battre sur le bateau que l’on louera demain afin de ne mettre personne d’autre en danger. Je suppose que ce chef sera du niveau de Nichelomus, nous devrions investiguer demain sur ses pouvoirs. »

    Mon ventre réclamait toujours de la nourriture, et me souvint que le sien aussi, certainement. « Je t’ai rapporté une assiette, à propos. »
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    Re: Steamlandia et la Guilde des Alchimistes

    Message par Rhapsodie le Dim 18 Déc - 18:23

    Kael était venu me rejoindre dans la chambre, où je pleurais encore, sans pouvoir m'arrêter. Depuis que je le connaissais, je n'arrêtais pas de pleurer, je m'étais affaiblie.
    Il pensait peut-être me consoler, il essayait d'être gentil mais il ne comprenait pas ce que je ressentais et cela me faisait pleurer encore plus. J'étais si triste que je n'avais même plus honte de mon état, j'avais dépassé ce stade. Je n'avais plus la moindre estime de moi-même. Je restais là, assise sur le rebord de mon lit, lui tournant le dos. Je ne voulais quand même pas qu'il me voit aussi pathétique.

    Je savais que j'allais très mal mais je me demandais quand même pourquoi est-ce que j'éprouvais autant de sentiments, pourquoi étais-je si affectée et pourquoi pleurais-je tout le temps ces temps-ci. Je m'en serais voulue si j'en avais eu la force, mais là je ne désirais qu'une seule chose : mourir. Je n'en pouvais plus de vivre, j'en avais marre, définitivement. Je ne trouvais pas ma place dans ce monde.

    Là où j'aurais pu enfin trouver un semblant de paix intérieure et me faire un ami, un vrai, le seul que j'aurais eu de toute ma vie, cela venait comme de tomber à l'eau. Il éprouvait des choses d'homme pour moi sûrement, enfin il me trouvait belle et je n'avais pas envie, c'était une arme, mon arme pour tuer. Et il avait beaucoup d'affection pour moi et cela représentait un danger pour lui aussi.
    Et je m'étais retrouvée imbriquée dans une mission. Personne ne me comprenait. Même pas les gens bien. Je n'avais aucune envie de tuer, ni même de faire du mal et me mêler d'affaires qui ne me concernaient pas. Pourquoi irais-je faire du mal à des personnes qui ne m'ont rien fait ? Pourquoi irais-je semer la pagaille dans leur plan ? Je ne voyais aucun bien à faire cette mission. Et si je ne la faisais pas, Kael ne comprendrait pas et prendrait cela pour un abandon. Je pensais juste fuir et retrouver ma liberté...

    J'avais l'impression de me retrouver encore en prison. Un autre type de prison. Une guilde avec des gens aimants pensant faire le bien, prenant soin de moi, mais m'empêchant de retrouver enfin ma liberté et ma solitude, qui m'importaient tellement, mon but ultime. Les montagnes auxquelles je rêvais semblaient si loin ici. Cette fois, j'étais loin, très loin de Steamlandia, et avec la chance que j'avais, je me ferais encore un tas d'ennemis.

    Je n'en pouvais plus. J'avais tant envie que cela s'arrête, je n'en pouvais plus de me battre sans arrêt, j'aurais préféré être une vraie humaine, avoir une famille, et vivre en paix. Comme rien de tout cela ne m'était offert et que je ne semais que mort et terreur autour de moi, sans compter le fait de devoir sans cesse survivre et souffrir, je n'avais plus que la mort à espérer. Mais j'aurais voulu alors une mort solitaire, pas me faire tuer par des hommes avides de sang...


    Je pleurais ainsi pendant des heures, sans pouvoir m'en empêcher, me causant un terrible mal de tête et un mal de ventre. Etait-ce possible de mourir de chagrin ?
    Désespérée, je pris un mélange de potions de plante et me droguai avec pour trouver le sommeil. Epuisée et à bout de force, les potions me firent tomber en à peine une minute.

    Je pus enfin dormir...


    Je sentis alors le froid me recouvrir. Soulagée, je me laissai tomber dans la neige et laissai mon visage face au ciel pour que la brise gelée vienne essuyer mes larmes. Mon mal de tête passait déjà, je me sentais si apaisée d'un coup... Un sentiment de chez-moi et de familiarité m'enveloppait.

    Soudain, un grand loup blanc apparut juste au-dessus de moi. Je pus distinguer de près son grand museau avec sa truffe noir au bout ainsi que ses deux yeux plissés aux pupilles d'un bleu clair qui me stupéfièrent. Ses yeux étaient exactement de la même couleur que la mienne.

    _ Toi quoi encore ? grogna-t-il du fond de la gorge. Je sentais son souffle juste au-dessus de moi. J'étais impressionnée, intimidée mais aussi très admiratrice. Il était magnifique et j'aurais voulu l'enlacer autour de moi. Il avait l'air si doux.

    Il grogna plus fort, me fit sursauter. J'oubliais cette pensée.

    _ Tu n'arrêtes pas de me déranger. Tu penses trop, tu es faible, comme un louveteau.

    _ Je n'ai pas eu de parents et je n'ai pas de famille... , expliquais-je.
    Cela ne me ressemblait pas du tout de me plaindre, de me chercher des excuses. Depuis que j'étais avec des humains, je m'étais vraiment affaiblie, j'avais adopté leur manière, ils étaient plus humains mais plus faibles... Je devenais pareille...


    _ Avant, cela ne te posait pas de problèmes. Si tu es trop faible pour vivre, tu meurs. C'est tout. Tu étais comme une alpha avant.

    Je ne dis rien et méditai sa remarque, il avait raison.

    _ Que me conseilles-tu de faire, Loup Blanc ?

    _ De ne plus venir me voir, débrouille toute seule dans ton monde. Sois forte, bats tes ennemis et redeviens l'alpha. Tu as une meute là-bas. Si toi les aimer, toi les protéger. Impose toi en maître. Arrête de te comporter comme une gazelle ou un louveteau.

    Je me tus. J'enviais tellement sa vie... J'aurais tellement voulu vivre avec lui, rester à ses côtes, faire partie de sa meute.

    Il grogna violemment et se rapprocha juste au-dessus de ma tête, me faisait peur, je dus me retirer pour qu'il ne me morde pas.

    _ Reviens encore une fois me déranger et je te tuerai.


    Je lus dans ses yeux la nature sauvage de son comportement et sa vérité. Il avait raison. J'avais empiété sur son territoire de nombreuses fois, dans mes rêves, et l'empêchait de vivre sa vie de loup.

    Le coeur lourd de me sentir une fois de plus rejetée, j'écoutais néanmoins ses conseils et décidai de revenir à moi.


    Ma tête me faisait encore souffrir, elle tournait et je m'entendis gémir. Je me rappelais avoir pris une surdose de potions pour m'endormir et je regrettais. Je n'arrivais pas à me réveiller et j'avais terriblement mal au coeur.
    J'entendis Kael me parler. Il semblait inquiet.
    Profitant de mon état d'inconscience, j'eus une idée et je tentai l'expérience. Je décidai de me laisser aller profondément dans mon inconscience en essayant de me joindre à l'esprit de Kael, comme je le faisais avec le loup. Mes premières tentatives ne fonctionnèrent apparemment pas. Il était juste à côté de moi, n'avait pas de monde que je connaissais. Je n'y arrivais pas. Je me sentais plus proche du loup.

    Les heures passèrent. Je sentais Kael me bouger, tenter de me réveiller. Il avait besoin de moi pour la mission. Mais si je l'entendais d'une manière lointaine dans ma tête comme un bourdonnement, je n'avais aucun pouvoir sur mon corps qui ne m'écoutait plus. Impossible d'ouvrir les yeux, de bouger un bras, une jambe... J'étais comme morte et j'espérais vraiment que Kael sache que j'étais vivante, j'aurais voulu lui parler...

    J'entendis beaucoup d'agitation dans l'auberge, sûrement au rez-de-chaussée. Soudain, je ne sentis plus la présence de Kael à côté de moi, c'était curieux... Je dormais à moitié et en profitai alors pour me reposer sans me poser de questions.
    Tout à coup, je me réveillai en sursaut, mais ne pouvant toujours pas bouger mon corps. J'entendis des coups de feu, des cris et sentit quelqu'un me porter.
    Je m'inquiétai et me demandai qui cela pouvait bien être.

    _ Emmenez la cyborg ! On doit la ramener vivante, c'est un ordre !

    Ressentant la pression et le danger, je ne sus comment je fis, si c'était moi ou le loup qui s'incrusta violemment dans mon esprit sans crier gare. Je l'entendis rugir, il me mordit. Instinctivement, la douleur me fit reprendre conscience de mon corps.
    Je n'avais pas le temps d'y penser. Le loup était avec moi dans ma tête et guidait mon cerveau, c'est lui qui m'indiquait quoi faire.

    Je bondis sur les assaillants à côté de moi, les mordit au cou et montrant les dents et déchiquetant tous les hommes environnants qui tentaient de m'y empêcher, à l'aide des griffes sur mes mains, très aiguisées. Je courus partout dans la pièce, grognait pour les intimider, les regardant droit dans les yeux. Je trouvai le mâle alpha de leur meute et après un long regard, je me ruai sur lui et le tuai sans difficulté. Puis, je me retournai vers Kael, le sang coulant de ma bouche, et lui ramenai le chef ennemi de cette meute à ses pieds, comme un trophée.

    Le loup se retira soudainement de mon esprit. J'équarquillai les yeux, mis du temps à retrouver la vue, voyant particulièrement flou et je courus vomir dans la salle d'eau d'à côté. L'odeur de sang dans ma bouche m'écoeurai fort et j'en eus la nausée. Blessée au bras par la morsure du loup et les coups de mes ennemis, je ne fis sur le moment pas attention au regard ahuri de Kael.
    Après avoir vomi et m'être lavée complètement le visage, je retournai le voir et me jetai par terre, assise à côté de lui.
    J'étais exténuée, j'avais mal partout et je n'avais plus la moindre force de me battre. Je remercierai le loup plus tard de nous avoir sauvé. En attendant, je devrai sûrement des explications à Kael. Et je n'avais pas du tout envie.

    Kael

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    Re: Steamlandia et la Guilde des Alchimistes

    Message par Kael le Lun 19 Déc - 13:29

    D’un moment à l’autre, Edelweiss, cette personne qui respecte la vie, était redevenue cette machine sauvage à tuer. Son corps tout entier devenait une arme mortelle. Elle se battait comme un loup, pour sa propre survie. Elle ne fit qu’une bouchée de nos assaillant, et je ne pus l’aide par manque de temps. En l’espace d’un instant, la pièce remplie auparavant de nos ennemis était remplie de leur cadavre. Lorsque ce fut fini, Edelweiss eu l’air de reprendre conscience, l’expression sur son visage changea… Et elle vomi…

    Elle respectait vraiment la vie. Mais avait aussi cet instinct de survie, cet instinct animal… Prédateur même. Elle continuait de me regarder. Je restais immobile, sans un mot. Paralysé par le spectacle macabre qui venait de se dérouler et aussi par la personne qui l’avait perpétré. Elle se lavait le visage et vint s’assoir auprès de moi. Toujours sans un mot, je me doutai qu’elle ne devait plus avoir aucune énergie. Après avoir refusé son repas la vieille, elle était à une première journée de jeune. Le sang continuait de couler sur le plancher. Et après de longues secondes pesantes, la cuisinière qui nous avait accueilli la vieille passa sa tête au travers la porte. Elle avait un œil engorgé et des bleus commençaient déjà à se former sur la tête. Elle avait tenté d’arrêter ces hommes qui gisaient dans leur propre sang désormais. Le spectacle la dégoutait aussi mais elle finit d’ouvrir complètement la porte. Je restai sans mot. Edelweiss n’avait plus aucune force et restait assises sur le sol, proche de moi. Mon apparence sans aucune tache de sang vint donner à la matrone l’idée que cette scène était du fait de la cyborg toujours couverte de sang à mes pieds.

    Ces instants silencieux étaient encore plus pesant que ceux qui venaient de précéder. Allait-elle sonner l’alerte de peur ? Faudrait-il que je conjure en vitesse une prison de flammes pour empêcher cette Edelweiss que je ne reconnais plus à tuer la matrone ? Et puis qui étaient ces hommes ? Savaient-ils à propos de notre mission ?...

    Quelle ne fut pas ma surprise en l’entendant commencer à rire. De tout son cœur. Avec son accent villageois parti, elle dit : « Ha, je savais que les agents des Vigilants devenaient meilleurs au jour le jour, mise à part toi Kael. Mais Agente Elissandra, vous êtes réellement douée. » Edelweiss commençait à trembler à mes pieds. Je ne savais si la vanter du massacre lui faisait mal ou si le spectacle en était la raison, ou si elle avait simplement trop faim. Je pris la parole : « Pouvons-nous utiliser votre cuisine ? » « Ha, bien sûr, j’allais vous demander de dégarpir pendant que je nettoyais ce bordel de toute façon. » Elle était joyeuse dans sa voix. Et pourquoi ne le serait-elle pas. Elle était une ancienne agente qui avait déserté les Vigilants mais que l’ogre de boss avait pardonné lorsqu’il était monté à la tête de l’Ordre. Elle devait aimer ce genre d’action, cela devait peut-être lui manquer. Je n’avais aucune idée pourquoi, mais son auberge était un point idéal pour rester lorsque les missions nous emportaient dans cette ville. Je vérifiais les insignes sur les vestes des gredins : Guilde des Scientifiques.

    Je pris Edelweiss par la main. Elle n’avait vraiment plus de force, et je devais l’aider à se lever, et à se déplacer. Elle n’avait tellement plus de force qu’elle ne vint même pas protester à cela. Nous descendîmes un à un les escaliers. A chacun de ses pas je vérifiais qu’elle n’était pas tombée dans les pommes. Un tel carnage, et en si peu de temps. Quand nous arrivâmes à la cuisine, personne n’y était présent, parfait. Une table avec deux chaises de part et d’autre se trouvait au milieu, les ingrédients étaient étalés sur les étagères du mur droit. Un feu de cheminée brulait ouvertement et rendait la température de la pièce agréable. Les fourneaux et la cuisinière se trouvait sur le côté gauche de la pièce. Je l’assis à la chaise droite ou elle resta, à bout de force. Je me servis en œufs, sucre et farine. Et cuisinait. Nous n’avions échangé aucun mot depuis la veille. Une pression palpable s’installa, rythmée par les bruits que je faisais en cuisinant. Je me servis d’une flamme du feu de cheminée afin de bouter la cuisinière et entamai les pancakes. Je lui offris le premier avec une pomme verte coupée en quartier. Elle n’y réagit pas, et, sans le même spectacle que hier par manque de force certainement, boudait la nourriture.
    Ma patience se brisa et je la giflais : « Tu penses vraiment que tu n’as rien pour quoi vivre ? Que personne dans ce monde ne peux te comprendre ? Que personne n’a vécu d’histoire plus tristes que la tienne ?! Et surtout, que cela te donne le droit de mourir ?! » Face à aucune réaction de sa part, je la giflais sur son autre joue et continua, ma voix augmentant de volume jusqu’aux cris : « Personne n’a le droit de se laisser mourir ! Certainement pas par dépit, certainement pas par peur du futur, ET CERTAINEMENT PAS QUAND D’AUTRES PERSONNES COMPTES SUR TOI ! » Ce crescendo dans ma voix me mit à bout de souffle. Je repris ma respiration et continuai toujours aussi déterminé : « Si tu as le moindre respect pour la Vie, tu comprendras que la tienne en fait partie, et que ta vie fait partie de celles que tu devrais respecter ! »

    Je n’arrivais pas à lire l’expression sur son visage, le mien restait déterminer, je la regardais droit dans les yeux. Le pancake était toujours devant elle sur la table. Peut-être aurais-je du le prendre pour moi en tant que dernier repas ? Ces moments me parraissaient des années plus longues que ceux qui s’étaient passé dans la chambre il y a quelques minutes….
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    Re: Steamlandia et la Guilde des Alchimistes

    Message par Rhapsodie le Mar 20 Déc - 18:21

    C'était au tour de Kael de péter les plombs visiblement. On aurait fait un terrible succès au théâtre après tant d'événements, de sursauts, de suspense et d'émotions intenses. C'est pourquoi la matrone de l'auberge les regardait avec un regard mêlé d'admiration, de peur et d'envie. Sûrement une personne qui rêvait d'aventures et aimait les scènes lugubres. Elle lui aurait bien remis les idées à la place si elle en avait le courage. Sa fascination l'agaçait. Elle venait de tuer plein d'hommes, elle avait mal, elle voulait mourir et ça la faisait rire ?

    Kael venait de la gifler en lui hurlant dessus.
    Première réaction : le tuer.
    Deuxième réaction : lui donner une correction afin qu'il se souvienne à qui il avait à faire, et fuir.
    Troisième réaction : Dévaster tout sur son passage et fuir.
    Quatrième réaction : Essayer d'être humaine, le comprendre, et s'expliquer avec.
    Cinquième réaction : Mais pourquoi essayer de lui parler ? Il ne comprendrait pas de toute façon.

    Edelweiss se leva de la table. Un silence de mort pesait dans la salle et les seules personnes présentes dans la pièce principale de la salle, sensée être vivante et chaleureuse, étaient pétrifiées quant à sa réaction.
    Elle resta plusieurs secondes debout à sa table sans esquisser le moindre mouvement et sans regarder personne, fixant un point invisible bien droit devant elle, l'air sévère.
    Elle pesait bien le pour et le contre de ce qu'elle s'apprêtait à faire, son action serait irrémédiable.

    Elle prit une potion cachée le long de sa jambe pour se revigorer, brouilla le pancake en mille morceaux dans sa main tout en regardant Kael droit dans les yeux en affichant un sourire provocateur, puis, toujours dans le plus lourd des silences autour d'elle, elle se dirigea dans la cuisine pour se faire elle-même à manger. Elle avait fermé la porte et avait utilisé un sort de base pour la sceller, afin d'être tranquille. Le premier qui oserait toucher à cette porte et déranger sa tranquillité serait broyé sur place sans le moindre état d'âme.

    Elle se posa à la table de cuisine et mangea, sans prêter attention aux autres. Elle les détestait. Mais elle s'en fichait, car elle ne les reverrait plus.

    Quand elle eut fini son repas, de nouveau pleine de force et d'énergie, elle défonça la porte sans crier gare, qui tomba en ruine dans un gros fracas, faisant échapper un cri de la cuisinière et sursauter Kael. Quelles piètres créatures, faibles.

    Elle remonta dans la chambre, prit ses affaires. Elle hésita à sauter par la fenêtre, mais cela reviendrait à fuir, comme si elle avait peur d'affronter Kael. Elle valait mieux que cela.
    Elle redescendit naturellement, ne cachant pas ses intentions de partir, et se dirigea vers la porte pour sortir.

    Kael lui barra la route, tergiversant encore en lui faisant la morale.
    D'un coup avec sa main, elle le poussa violemment contre le mur d'en face. Puis, elle s'exclama haut et fort, d'un ton autoritaire :

    _ Ne me barre pas la route. Je ne suis pas ta prisonnière ni ton maudit pion. Je n'appartiens à personne et il m'appartient le droit de faire ce que bon me semble.
    La prochaine fois que tu essayes encore de te mettre entre mon chemin, je te tue.

    Elle pensa "pauvre crétin" à la fin de sa phrase mais se retint. Il fallait que ses derniers mots soient clairs et bien compris.
    Elle aurait aimé avoir le pouvoir de téléportation pour s'enfuir à présent sans être vue ni suivie.

    Kael se releva et elle sentit son intention. Elle avait prévu cela, c'était si prévisible de toute façon.
    Elle enfila les gants de pyromancien qu'elle avait volés au Quartier Général quand il les avait remis à l'ogre. Elle avait au moins le don de s'adapter et d'apprendre très vite.
    Au même moment que Kael lançait une couverture de feu autour d'elle, elle la maîtrisa à l'aide des gants et la lança sur la matrone de l'auberge. Cela ne la tuerait pas, mais l'assommerait et il fallait que Kael enlève aussitôt la couverture pour lui permettre de retrouver l'oxygène nécessaire dont elle avait besoin pour survivre. S'il ne le faisait pas, elle mourrait.

    Profitant du chaos temporaire qu'elle avait semé, elle s'enfuit en courant à une vitesse surhumaine de l'auberge où elle ne remettrait jamais les pieds. Sa faiblesse s'était soudainement transformée en haine, et la haine serait la force qui lui permettrait de survivre.
    Toute sa faiblesse était dûe à sa fréquentation avec Kael et ses amis. Elle était faite pour être seule, elle était le mâle alpha et pas une simple gazelle, comme dirait le loup. Elle ne devait ressentir aucun sentiment et sa seule priorité devait être sa propre survie et sa liberté.

    Elle arrêta de courir au bout de plusieurs kilomètres. Elle marcha encore dix kilomètres à pied et s'enfonça dans une sombre forêt aux grands sapins. Les épaisses branches d'un vert foncé des sapin la couvriraient et la cacheraient. Elle testa ses gants avec ses runes et essaya de faire un feu. Au début, elle n'obtient que quelques fumées et de minuscules braises, puis à force d'essais, elle parvint à faire un petit feu pour la réchauffer et lui permettre de dormir tranquillement.

    Une bonne odeur de sapins, de l'air pur, un silence colossal, la nature à perte de vue, et seule. Enfin seule. Pour une fois depuis bien longtemps, elle se sentait en sécurité et libre. N'était-ce pas enfin le début du bonheur, ce quoi à elle aspirait tant depuis des années ?
    Elle s'endormit le long d'un haut sapin, en boule, sur un petit tas de feuilles préparées à cet effet. Il faisait froid mais elle devait se reposer à présent et récupérer ses heures de sommeil. Le feu ne la ferait pas mourir de froid.

    Le lendemain matin, la mission de Kael la tiraillait. Ce n'était pas sa mission et son sort ne concernait que lui. Il n'avait qu'à pas se mêler des affaires d'autrui ni chercher la mort. Mais elle ne voulait pas qu'il meurt. C'était insupportable. Elle ne pouvait même pas savourer son début de vie tranquille.
    Sans comprendre pourquoi et se maudissant tout le long du trajet, elle se rendit quand même sur le lieu d'échanges entre les Guildes et se cacha dans un endroit où personne ne la trouverait, au plafond de l'entrepôt derrière une des grosses poutres. Elle commença à jeter des flammes sur les poutres à l'autre bout de l'entrepôt, qui commencèrent doucement à se consumer, quand les deux bandes de crétins arrivèrent, amenant déjà un climat de guerre. Kael arriva le premier sur la scène.
    Edelweiss se demanda ce qu'il s'apprêtait à faire pour contrôler la situation.
    Elle avait prévu de brûler l'entrepôt pour que l'échange n'ait pas lieu mais elle n'avait pas eu le temps et le problème ne serait que repoussé entre les deux Guildes.
    Edelweiss s'en fichait royalement, elle était là juste pour sauver ce con de Kael au cas où il ne parviendrait pas à contrôler la situation. Elle le sauverait, l'assommerait puis repartirait et serait libre.

    Alors que les deux guildes arrivaient l'une en face de l'autre comme un affrontement en duel, Edelweiss fixa la scène et se fit toute invisible.

    Kael

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    Re: Steamlandia et la Guilde des Alchimistes

    Message par Kael le Mer 21 Déc - 21:26

    Elle avait quitté la pièce, après avoir montré que tout ce que je représentais, ce que les Vigilants représentaient pour elle n’était rien. Elle était un loup solitaire. Elle pouvait s’affamer, mais avoir une potion de revitalisation à sa jambe. Une chose était sûr, je ne la comprenais pas. L’aubergiste était impressionnée de ce qui venait de se passer, ma couverture de flamme retournée contre moi, c’était une erreur d’utiliser une technique qu’elle avait déjà vu en action. Du seuil de la porte ou j’avais vu la cyborg partir, je la fermai et me dirigeai vers l’aubergiste, toujours essoufflée des quelques secondes passées sous la couverture. « Pfiouu, Elissandra est sacrément sauvage pour être une agente ! » « C’est sa première mission, désolé pour le mensonge, il s’agit en réalité d’Edelweiss, la cyborg. » les yeux de l’aubergiste devinrent ronds. « Ce nom… Qu’est-ce que l’ogre pouvait bien penser en l’engageant ? Tous les rapports la traite de bête sauvage ! » dit-elle, le souffle toujours aussi rapide, nous nous assîmes à la table la plus proche. Je répondis : « Nous pensions que c’était de la propagande de la guilde des Alchimistes. Son style de combat correspond en effet à la description sauvage qu’en donnait la guilde, mais elle est différente dans le fond. Elle est comme une petite fille qui n’a jamais eu d’enfance, ou qui n’a jamais eu sa meute, si tu veux continuer l’analogie. » Elle ne me répondit pas directement, réfléchissant clairement à mes dernières paroles. Je repris : « A un moment elle respecte la vie, refusant de prendre celle des autres et à d’autres elle est la raison décisive d’un massacre comme celui que vous avez-vous en dessus. Quand je l’ai rencontré, je pensais lui avoir montré qu’il y avait toujours d’autres alternative, et hier, elle m’a l’a rappelé en entendant mon plan initial pour la mission de demain soir. » « Sa présence te semblait-elle différente entre ces moments ? » « Je ne sais pas, en attendant, je suis seul pour cette mission, je ne peux plus lui courir après. Du moins, il faudrait que j’apprenne à la comprendre tout d’abord pour… » je m’interrompis. L’aubergiste rondelette avait compris mon propos. Je me dirigeai vers la cuisine et nettoya le pancake au sol, finis de m’en faire, et mangeait en silence après que l’aubergiste ait refusé mon offre pour partager.

    J’étais perdu entre pensées pour Edelweiss et pensées pour la mission. Je pourrai toujours mettre à exécution mon plan, il fallait juste que je sois rapide en emprisonnant les scientifiques présents, repérer leur chef qui aurait certainement les plans et utiliser un glyphe de téléportation. Où s’était-telle enfuie ? Pourquoi sentais-je toujours deux auras différentes en elle ? Pourquoi fallait-il que je perde mon calme face à son comportement d’enfant ?... Je pensai que je ne pourrai plus la retrouver, comme elle l’avait dit. Tant pis. Je complèterai cette mission seul, reviendrai au quartier général et l’ogre décidera de notre prochain mouvement.

    « Aurais-tu la moindre information sur le chef de la Guilde des Scientifiques de l’état voisin ? » La cuisinière se retourna vers moi et réfléchit quelques secondes : « Non, mais je sais qu’ils logent pour la plupart à l’auberge de l’église. Les deux saoulards de hier s’étaient fait la malle pour quelques pintes de bières alcoolisées. » mhhh, j’avais un endroit où commencer, Je ne pouvais pas courir partout dans la rue et demander à tout le monde s’ils l’avaient vu en action. Ils savaient que nous étions là pour eux. Leur attaque ratée de ce matin en témoignait. Et j’étais désormais seul pour exécuter le plan. Si j’emprisonne les bricolomanciens et que je déploie quelques Tourette automatique, la cohue résultera certainement dans un combat, et le chef de la guilde des Scientifiques ne verrai certainement pas de danger à ce que je m’approche. Je lui collerai le glyphe dans le dos, l’activerai et le brulerai en même temps pour éviter qu’il ne s’échappe du traquenard en l’utilisant. Il me faudrait tout d’abord 5 glyphes) et le bateau (une pour moi, pour le chef, pour le bateau qui seront toutes les trois reliée, et une entre le bateau et le port que j’utiliserai afin de laisser le bateau ancré au large).

    Je remontai dans la chambre bien décidé à faire mon boulot et récupérer cette récompense. Je ne voulais pas recommencer á dormir dans la guilde, non ! Il me fallait cet argent pour une nouvelle maisons et de nouveaux meubles. Je pris mon redingote, mhhh, elle m’avait volé les gants… sans doute pourrais-je reproduire les runes… je me les ferai tatouer demain. J’allai chez le scribe local et acheta mes cinq runes de téléportation et une feuille de papier afin de reproduire les autres runes. Je m’informai du meilleur tatouer de la ville. Il se situait sur les docks, parfait, sur mon chemin. Je passai la fin de la matinée à essayer de reproduire de mémoire les runes de mes gants volés. Un des designs fonctionna et je me dirigeai vers les docks. Le petit village avait été fondé sur la cote de la péninsule dans lequel se jetaient la plupart des fleuves qui parcouraient ce continent. Cette ville était située au point idéal pour que continentaux, marins de continents voisins et pécheurs marchande.

    J’étais arrivés au milieu de ces docks qui s’étendaient sur la cote. Les étales étaient déjà bien animées sur les docks, et tous les pécheurs du matin étaient désormais devenu marchant. Ils criaient et vantaient la fraicheur de leur poisson, certaines étales avaient clairement un arrangement avec le cuisinier de l’étale voisine et le business battait son comble. De nombreuses personnes marchandaient, certains ressemblaient à des marins, d’autres a des aubergistes en quête d’un repas pour le soir. Les docks n’étaient pas encore noirs de monde, mais presque. Je continuais vers la partie sud ou le tatoueur m’avait été renseigné. Une file, mince ! Cela n’arriverait jamais dans une bonne histoire ! Seulement deux personnes devant moi. Une bonne demi-heure par mes estimations.

    Je me perdis dans ma tête en révisant mes prochaines actions : se faire tatouer les runes, me prendre une barquette de poissons frits (mon ventre commençait déjà à crier famine.). Réserver un bateau que j’emporterai en mer le lendemain et ancrerait au milieu de celle-ci. Puis il faudrait que j’aille explorer l’entrepôt ou la moitié du plan aurait lieu le lendemain au soir. Et aller à l’auberge ou ils logent tous afin de me renseigner sur leur chef et ses capacités. Demain matin, il faudrait que j’apprenne à utiliser les tatouages que j’étais sur le point de me faire faire. *plus qu’une personne devant moi*. Il faudrait que j’apprenne ou les bricolomanciens logent afin de pouvoir leur tendre mon piège et voler certaines de leur Tourette automatiques. Je restai à réviser le reste de mon plan et mon tour arriva assez vite. Je donnai le design au tatoueur et lui expliquait l’importance que celui-ci soit respecté à la lettre. Il dessina le pattern sur les mains en prévision de son travail et déjà je sentais le pouvoir se canaliser. Il n’y avait pas d’erreur dans le design. Et je serrai les dents lorsque le tatoueur immortalisa le pattern sur la paume de mes mains.

    J’en sortis une heure plus tard. Ma douleur était partagée entre mon ventre et mes mains entourée de bandages afin d’éviter toute exposition et de risquer une infection. Je me dirigeai à l’étale du chef le plus proche afin de combler a une de ces douleur et je mangeai les petits poissons savoureux sur un toit des maisons faisant face à l’horizon. Le délicieux vent salé de la mer, le soleil caressant mes joues, la chaleur se canalisant dans mes mains… Ce moment était agréable, on en oublierait peut-être que la saison actuelle était l’hivers. Pour la première fois depuis deux semaines, mes pensées étaient sereines. Bercées par les bruits du marché, le vent de la mer, et les mouettes qui passaient.

    Lorsque j’eu fini les poissons, je me remis en route et loua le bateau pour le lendemain, moins cher que ce que j’avais prévu. La chaleur dans mes mains augmentait au fur et à mesure que les bandages se frictionnaient avec. Je quittai les docks en route vers l’auberge. Je m’installai dans un coin sombre de la taverne de l’auberge religieuse ou logeaient les scientifiques. J’observais leurs allés et retours entre leurs chambres et les tables. Ils étaient tous dans l’ambiance, célébraient sans doute une vente sans précédent. Seuls les amateurs vendaient la peau de l’ours avant de l’avoir tué. Une table attira mon attention : Une personne, couverte de cicatrices, de brulures, de brulures arcaniques. Une cicatrice lui parcourrait l’œil gauche qu’il avait fermé, mhhh, un angle que je pourrai exploiter. Ses cheveux étaient blancs, comme la fourrure d’un loup des neiges. Ses habits étaient sobres et personne ne semblait l’approcher, de peur certainement. De tout son corps, seules ses narines bougeaient. Un loup garou ? Les brulures arcaniques m’indiquaient arcanomancien. Il me fixait. La seule personne qui avait remarqué ma présence étrangère dans la taverne. Le manque de présence dans ma tête me disait qu’il n’était pas télépathe. Un bout de conversation me vint : « Et alors, ce contrôleur de train je l’ai juste… » Ils avaient voyagé ici en train, certainement pas télémancien. Un des scientifiques se tourna vers l’individu solitaire et lui lança joyeusement : « Chef, chef, il faut que vous essayiez ce poisson ! » Bingo. L’attention du chef se tourna vers son subordonné. En l’espace d’un moment une épée d’un violet brillant lui traversait la tête. Je retins mon souffle : Cette personne avait en l’espace d’une seconde conjuré une épée arcanique et s’était déplacé à une vitesse impressionnante, mais que j’avais réussi à suivre, pour tuer un de ses subordonnés.

    Il posa son attention vers ma direction, je prenais mes affaires et sortis de la taverne, comme il devait le souhaiter. Il ne m’attaqua pas. Je suppose qu’il n’avait aucune raison. Si j’alertais les autorités, elles n’auraient de toute façon pas les forces pour contrer une guilde. Et quoi qu’il arrive je doute qu’ils n’arrivent même à trouver quelconque preuve contre eux. Tous les témoins faisaient partie de la guilde et mettraient les besoins de la guilde avant quoi que ça soit… Oh… Et j’étais les autorités et n’avais strictement aucune envie d’essayer quoi que ça soit à cet instant. J’avais les informations dont j’avais besoin. Je revins dans la rue ensoleillée et parcourrai un peu la partie intérieure de la ville, perdu dans mes pensées.

    L’épée arcanique était un exploit dont je n’avais jamais été témoins. Sans préparation ou signe, il l’avait conjuré en l’espace d’une seconde. Une vraie démonstration de force ! Sa vitesse de déplacement et sa pilosité me disaient qu’il était peu probable qu’il soit humain.

    Je retournai par le chemin des écoliers vers l’auberge. Mes mains me faisaient moins mal et je commençais à sentir une sensation similaire que quand j’avais les gants, mais en plus fort. Les runes faisant partie de moi, le flot d’énergie voyageait bien plus aisément et naturellement dans mon corps. Peut-être aurais-je une chance demain ? Je pratiquais à la lumière d’une bougie la manipulation de feu, tantôt venant dessiner des paysages complexes, tantôt venant augmenter l’intensité des flammes à ma limite, et toujours en récoltant dans mon amulette les énergies rémanentes. Sans doute en aurais-je besoin demain soir. Quand vint l’heure du dînée, j’étais affamé. Les flammes ont toujours besoin de combustible, et quand un pyromancien les manipule, c’est de son énergie que le combustible vient. Comment Edelweiss avait compris ce principe aussi rapidement et réussi à manipuler la couverture de flamme contre moi ce matin, je ne savais pas. Une chose était certaine : Ses pouvoirs étaient dignes de ceux d’un chef de guilde. Cela n’était pas un mystère que la guilde des Alchimistes la voulait tant. Je redescendis de la chambre immaculée du massacre de ce matin, et retrouvai la cuisinière aux fourneaux. Elle était en pleine préparation d’un potage qui incluait dés de poissons, tomates, pommes de terre, poireaux et céleris. Cela sentait divinement beau dans la pièce. Voilà qui me mit de bonne humeur. Nous discutâmes un peu du passé de la cuisinière rondelette, et nous mangions dans la taverne déserte. Aucun client n’avait l’air de vouloir rentrer alors nous prîmes une bière ensemble après que la cuisinière ait fermé boutique. Je lui demandais son opinion à propos de mon plan et elle me répondit : « Tant que tu ne boutes pas la ville en feu, c’est un bon plan ! ». Elle me demanda plus d’information sur Edelweiss et je partageais avec elle ce que je savais… En omettant mes quelques sentiments qui restaient. Bien assez vite je fus au lit et dormais à point fermé.

    Le lendemain matin, je pris rapidement mon petit déjeuné et pratiquai sur des mains libérées de toute douleur ma pyromancie pendant une heure. Je pris la route vers les docks ou mon bateau m’attendait. Les docks étaient déjà bien en vie à cette heure matinale, les pêcheurs revenaient seulement de leur pêche et installaient leurs étales sur la place. Je plaçai le glyphe de téléportation sur un des toits de la place, et gardait son homonyme qui me permettrai de retourner sur le toit intensément sur moi. J’utiliserai ma pyromancie pour lancer le bâteau hors des docks et laissai le vent faire le reste. Mon but était de mettre le bateau suffisamment loin pour ne pas risquer du combat de ce soir ne viennent mettre en danger qui que cela soit. Le vent était en ma faveur et en l’espace de 10 minutes, j’étais suffisamment loin pour distinguer à peine l’horizon. Je lâchai l’ancre et retirai le mât. Le bateau ne devait pas bouger. J’installai le troisième glyphe de téléportation, et essayait ma connexion vers les docks. Instantanément, la mer se transformai en docks. Je vis les mêmes personnes que j’avais vu 10 minutes auparavant sortir le poisson de leur bateau les étaler d’une manière qu’ils considéraient les vendrait mieux. Je dis le voyage inverse et me retrouvai sur le bateau. Rien n’avait changé sur ces 5 secondes ou j’étais partit. Parfait.

    Il me faudrait préparer mon terrain de bataille pour ce soir. Je commençai à dessiner des runes invisibles partout sur le bateau. Certains seraient des pièges de feu qui s’activeraient instantanément, d’autres que je pourrais décider de déployer au moment opportun. Je me souvenais d’un livre que l’arcane solide était maintenir par toute une harmonie qu’un coup assez puissant pourrait briser. Cette harmonie dépendait de l’arcaniste et de ses affinités aux résonances arcaniques qui parcouraient se monde. Mais j’avais lu et pratiqué les contre-sorts contre ceux-ci. Ceux-ci ne faisant pas partie des sorts de feu mes runes ne les rendrai pas plus puissant. Je ne pourrais pas les utiliser pour lui infliger quelconque sorte de dégâts. Je pratiquai pendant deux autres heures mes sorts sur le bateau, en essayant que les differents mouvements des vagues ne viennent pas briser ma concentration. Un autre des avantages que j’aurai ce soir…

    Au moment venu, je me retéléporta sur les docks. J’allais chez le bricolomancien local et lui achetai 3 tourettes automatiques. Ces petits joujous se déployaient sur tout éléments et étaient quasi invisibles lorsque non déployées. Un petit bouton pour lancer leur mode agressif était tout ce qu’il suffisait pour que la tourette se déploie et commence à tirer. Mon argent était quasi épuisé, il fallait que je réussisse la mission de ce soir, sinon tous ces préparatifs ne serviraient à rien. Je me dirigeai vers l’entrepôts ou les alarm-o-bots avaient déjà été déployés par la guilde des Bricolomanciens de Steamlandia. Je vis qu’une ouverture sur le toit me permettrai de les observer et de rentrer facilement. Les petits robots d’alertes patrouillaient de manière hératique, il faudrait que je lâche la tourette au bon moment pour qu’aucun de ceux-ci ne la remarque, et que j’espère que le choc de la chute ne les activera pas. Cette partie se déroula plus facilement que prévu, et je me retrouvai désormais avec la tâche de placer de l’autre côté de l’entrepôt ou je supposai que les membres de l’autre guilde rentreront les runes de prisons de flammes. Je pouvais en conjurer au maximum trois sans éléments canalisateurs, mais avec, une vingtaine ne me causait aucun problème. Je descendis du toit vers le sol. Les Bricolomanciens avaient déployés moins de robot sur cette partie et je pouvais, en restant soigneur, écrire les dessins des runes sans activer le moindre robot. Mais cet exercice de concentration me puisa, et au bout de la quinzième rune, je fis une pause sur le toit… avant de recommencer quelques dizaines de minutes plus tard. Heureusement aucune patrouille humaine n’avait été prévue et je pus finir mon travail assez facilement. Il faudrait que je me repose avant ce soir.

    Ce que je fis sur le toit d’un entrepôt environnant, je regardais le soleil passé, fermant les yeux quelques fois pour me rendre compte que je m’étais endormis et que le soleil avait fait un bon bout de chemin depuis la dernière fois ou je l’avais vu. Je testai mon glyphe vers le bateau en laissant mon dernier glyphe sur le toit afin d’avoir une connexion de retour. Cela marchait comme prévu. J’avais bien fait de faire de la runologie ma seconde spécialité. La nuit tomba sans crier gare, et je me réveillai pour voir qu’il y avait de la lumière dans le hangar, et que des gardes avec des torches gardaient l’entrée. Mince, j’avais dormir encore une fois trop. Je retournai à l’ouverture sur le toit ou je supposais que la guilde des scientifiques se trouvait. Bingo, j’avais bien calculé, trois figures semblaient s’être approchées au milieu du hangar. Le chef des bricolomanciens, celui des Scientifiques et… La nouvelle cheffe des Alchimistes, mais que fasiait-elle là ? Elle ne faisait de loin pas partie de mes plans. Deux gardes dans des armures d’un métal que je n’avais jamais vu étaient à ses côtés. Je pus distinguer une bride de conversation, le chef de la guilde des Scientifiques disait : « Thalysra, tu ne peux faire nous faire cela ! Nous t’avons déjà fourni tout l’or que tu nous avais demandé, la cyborg faisait partie d’un plan réductionnel, pas obligatoire ! » « Et qui tu es pour supposer que je n’ai pas le droit d’augmenter mes prix ?! La substance est bien plus complexe à produire que ce que tes plans ne le laissent penser, elle est très instable et mon maître alchimiste a payé d’un œil votre manque de documentation et de professionnalisme ! » « CHIENNE ! » un des gardes s’approcha en défiance, le chef de la guilde des Scientifiques tenta de l’attaquer avec cette même vitesse et cette même épée des arcanes qu’il avait utilisé la veille. Celle-ci se brisa contre l’armure d’un des gardes qui s’était déplacé à la même vitesse que l’homme chevelus. Le garde réplica avec une boule de glace dont l’intensité était telle que j’avais depuis mon point d’avantage ressenti le froid. Celle-ci propulsa l’homme à cinq mettre et le mis à genoux, visiblement sous une grande douleur. Thalysra, apparemment, et le chef de la guilde des Bricolomanciens restaient impassible et dans leur coin. Thalysra repris la parole : « Assez de vos enfantillages. Ma guilde vous fournira cette substance au prix que j’ai décidé. En attendant, faites votre deal sans moi, l’odeur du poisson m’insuporte ! » D’un geste de la main un portail d’ouvrit et elle le passa avec ses deux gardes.

    Le chef de la guilde des Scientifiques se releva et bu une potion. Il était temps de mettre en œuvre mon plan. D’un regard j’activai mes runes de feu sur les Bricolomanciens présents. Je laissai quelques secondes pour qu’ils se rendent compte de ce qui se passait : « ILS NOUS ATTAQUENT » J’entendis du côté des bricolomanciens. J’appuyais sur les tourettes automatiques qui commencèrent à créer la cohue dans la foule des scientifiques. Les chefs restaient impassibles face à toute cette action, certainement jugeant quand l’autre pendrait action face à la cohue. Je remarquais les plans dans le sac du chef des scientifiques. Je me précipitais de l’autre côté du dépôt afin de tomber du toit dans la foule des bricolomanciens. Personne ne me remarqua grâce à la cohue, et je criai outrager, « Défoncer les ces sales rats de laboratoire !!! ils nous tendent un piège. Et ma chance fit que les bricolomanciens chargèrent sans même savoir si l’ordre venait de leur chef ou pas. Les chefs continuaient de se regarder dans les yeux et la charge leur laissait la place. Personne n’osait s’interposer face à ces figures imposantes. Enfin, personne sauf moi. Je continuai ma charge et quand je fus dans dos du chef, je me retournai et posai ma rune en l’activant, le temps d’activation et ma vitesse fit qu’en l’espace d’un instant sans qu’il puisse réagit, nous nous retrouvions tous les deux sur le bateau. L’air marin emplit mes narines, et je commençais les hostilités en espérant prendra avantage de sa confusion. J’activai la rune que j’avais placé juste en dessous de lui.

    D’un mouvement défiant tout réalisme il esquiva mais marcha sur une rune piège qui lui brûla le pied. Un hurlement lupin emplis mes oreilles. Il se transforma en loup garou devant mes yeux. Je m’y attendais un peu je devais avouer, mais ce spectacle était toujours impressionnant. Ses muscles grossissaient autant que sa pilosité, son museau grandissait… Il faisait désormais une tête de plus que moi. Il était resté sur place. « Enfouis toi petit homme ! » « Ha, pas question : j’ai besoin d’une nouvelle maison et je manquai d’idée pour la carpette ! » Il ne fallait pas qu’il sache que j’étais à la poursuite des plans. Il cria à la lune pendant 5 secondes, mais il semblait emplir ses narines, préparant sans doute une attaque, je canalisai dans mon amulette mon pouvoir endormis. Je devais en finir le plus rapidement possible. Grâces aux runes je pus conjurer un bouclier de flammes d’une intensité telle que malgré mon affinité avec les flammes, il me brûlait un peu. Je vis les poils du loup garou prendre feu… avait qu’il ne disparaisse complétement. Pendant un instant j’essayais de savoir ou il était, j’entendais un peu partout autour de moi des bruits comme des griffes sur du métal. Il réapparu derrière moi et tenta de passer le bouclier, mais celui-ci lui brûla la main et repoussa son attaque de peu. J’avais bien fait d’y mettre la puissance… Mais je me rendis compte de son but. Il avait brisé chacune de mes runes. Toutes avaient un coup de griffe ruinant le flot d’énergie qui y circulait ou que j’aurai pu canaliser. En l’espace d’un instant, il avait fait d’un champ de bataille inconnu le sien. Il était vraiment digne d’un chef de Guilde, et sa petite défaite face au garde de la chef de la guilde des Alchimiste n’était pas signe de sa faiblesse, mais de la puissance des gardes.

    Il prit ses distances. Il posa la paume de sa main contre son autre main et conjura devant mes yeux une épée des arcanes. Je le vis la lâcher par terre et répéter l’opération. Mince, il avait un plan en tête, je ne le laisserai pas l’appliquer. Je lançais une boule de feu contre l’épée par terre afin de la détruire, mais… l’épée esquiva. MINCE ! Il était aussi télékinésiste, les deux épées se dirigèrent vers moi et ça n’est que par chance que je les esquivai : une vague m’avait aidé. Mince, cela se compliquait. Il continuait de conjurer les épées en même temps que de m’attaquer avec celles qui existaient. Je maintenais la barrière afin qu’il ne puisse se joindre à la mêlée. Je commençais à utiliser mes contres-sort contre ses lames qui m’assaillaient, mais il en produisait autant que ce que je ne pouvais contrer ou esquiver. De ma main droite, je désarmais ses épées, mais je préparai une riposte dans ma main gauche. Alors que j’esquivais d’un revers de ton mon corps une lame lancée en estoc vers moi, je lui laissai une lance de feu, il l’esquiva aisément comme prévu, mais les loups garous avaient cette tendance à sauter trop haut. Et je pus déployer ma vraie attaque alors qu’il était dans les airs et incapable d’esquiver. Je lui lançai une vague de flamme. J’y canalisais tout ce que j’avais, et même les énergies de mon bouclier. Il fallait que je le finisse sur ce coup. Les épées s’étaient arrêtées, et tombèrent une à une sur le sol. Mon attaque faisait son effet.

    Quand j’arrêtai la vague 30 secondes après, j’étais essoufflé. Le corps cramoisi du chef tomba sur le deck du bateau. Il avait encore sa cape sur laquelle j’avais déposé la rune, la rune était encore intacte. Il devait penser que j’étais télémancien. Toute sa partie frontale avec laquelle il avait subi l’attaque avait brûlé, les plans avec. Il gisait là, je m’approchai du corps immobile... en l’espace d’une respiration, le corps s’était animé et m’avait foncé dessus. Je ne comprenais pas ce qui m’arrivait. Je n’arrivais plus à respirer. Je sentis du liquide chaud sortir de ma gorge. Je vis le corps brûler me regarder d’yeux bien vivant et sadiques, léchant un liquide rouge de sa griffe. Je n’arrivai plus à respirer… Ma vision se brouilla, je tombais au sol... Je n’arrivai plus à respirer… du noir couvrir ma vision…

    Puis soudain… une flamme…
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    Re: Steamlandia et la Guilde des Alchimistes

    Message par Rhapsodie le Lun 26 Déc - 16:32

    Edelweiss était très bien cachée, en haut du poutre sur une extrémité de l'entrepôt. Personne ne pouvait la voir. Néanmoins, elle, pouvait voir tout le monde et possédait une vue globale de la scène, ce qui lui donnait un sacré avantage.
    Kael avait déposé des runes de feu et des drôles de petites machines en forme de roue (à quoi cela pouvait-il servir ?). Puis il repartit, alors que les guildes au loin arrivaient.
    Edelweiss eut un léger sourire de malice en voyant son partenaire élaborer un plan bien anticipé apparemment, elle se demandait ce qu'il allait faire... En espérant qu'il n'allait pas brûler tout l'entrepôt... Le feu et elle, ca faisait deux et elle n'avait pas envie de se voir métamorphoser en torche ambulante.

    Soudain, la guilde des Alchimistes apparut d'un coup au beau milieu de l'entrepôt, sortie de nulle part. Edelweiss eut une grande envie de grogner et de leur cracher à la figure mais elle resta bien cachée et ne bougea pas. Elle obtiendrait sûrement de précieuses informations sur leur but ici...
    Comme elle s'y attendait, leur relation avec les autres guildes était plus que tendue et Edelweiss ne donnait pas cher de leur peau aux autres guildes.
    Cela, Kael ne l'avait sûrement pas prévu... Et si la guilde des Alchimistes allait elle-même résoudre les problèmes d'échange entre Bricolomanciens et Scientifiques ? Ce serait vite fait et efficace... Si Kael la trouvait macabre et meurtrière, ce n'était tellement rien face à cette connasse de chef...
    Edelweiss se força à maîtriser ses émotions meurtrières du moment et de rage intense pour se concentrer sur la chef, elle avait sûrement à apprendre de ses pouvoirs et de ses plans.
    Mais elle fut déçue. Les guildes ne parlèrent que d'argent, entre autre... Une légère fierté malsaine néanmoins quand elle entendit son nom.
    Héhé... Tout le monde la cherchait mais personne n'arrivait à l'avoir ! Elle leur avait échappé encore une fois et la chef, elle, semblait ne pas la sous-estimer...

    Ne prêtant guère attention à la réunion des bricolomanciens et des scientifiques, la guilde des Alchimistes disparut aussi rapidement qu'elle était venue, laissant les deux autres guildes s'entretuer.

    Quelque part, la chef des Alchimistes n'était pas si différente d'elle sur ce point : elle ne se battait que pour ses principes et ne s'occupait pas de ce qu'il ne la regardait pas. Elle aurait très bien pu tous les tuer pour son pur plaisir, mais elle ne l'avait pas fait...

    Au moment où les guildes commençaient à parler fort et s'insulter, des explosions retentirent, accompagnés de cris, et soulevèrent soudainement un mouvement de haine et de guerre entre les deux guildes. Edelweiss avait bien failli tomber de sa cachette sous les tremblements de l'entrepôt et son sursaut face au bruit de l'explosion.
    Heureusement, dans le chaos suscité par les runes de Kael, personne ne l'avait vu glissé et se rattraper aussitôt à sa planche. Les runes de feu explosaient au sol mais n'atteignaient pas les planches de l'entrepôt, trop hautes, elle était sauve pour le moment.

    Kael apparut et hurla des ordres qu'elle ne comprit pas, dans le bruit ambiant puis se disparut en même temps que le chef des Scientifiques.
    Ah non ! Encore ce pouvoir de téléportation ! Il faudrait qu'elle apprenne un jour à s'en servir. Ils étaient trop nombreux à savoir utiliser ce pouvoir récemment et elle ne pouvait se permettre d'avoir un niveau de retard.
    Les gardes ne se rendirent même pas compte de la disparition de leur chef, mais continuèrent à se battre entre eux. Les explosions avaient évidemment cessé depuis plusieurs minutes mais leur lutte avait commencé.
    Hum... éviter une guerre, mission de subtilisation ? Stupide mission. C'était raté pour les deux. Et maintenant, Kael était quelque part et devait survivre.

    Edelweiss resta perchée dans sa cachette en attendant qu'il revienne. Dès qu'il aurait les plans, il reviendrait toute façon. Mais il ne revenait pas. Elle ne pouvait s'empêcher de s'inquiéter, il aurait dû revenir depuis le temps !
    Peu importe qui gagnerait, au moins un de des deux reviendrait... Une heure passa. Les gardes s'épuisaient, et commençaient à regarder à droite à gauche.
    Les scientifiques s'étaient enfin rendu compte de la disparition de leur chef, pas trop tôt...

    Dans les yeux d'Edelweiss, ils n'étaient que des pantins crédules, comme des machines de guerre qu'on envoie en premier dans un champs de bataille, manipulés par de grands chefs puissants.

    Le chef des Bricolomanciens appela ses gardes à l'ordre et leur guerre s'interrompit. Un nuage de poussières et un long silence emplit l'entrepôt.

    _ Nous avons été victimes d'un complot. Cessez vos combats puériles entre vous, bande de crétins.
    _ Les Alchimistes qui nous ont tendus un piège ?
    _ Hum... je ne pense pas. Ils nous auraient tués eux même s'ils avait voulu, ou auraient montré leur marque de fabrique. Cela ne leur ressemble pas...
    _ Qui alors ? Et où est notre chef ?

    Une grande lumière intense suivie d'un bruit lointaind 'explosion se fit entendre au loin, près de la mer.
    Aussitôt, les gardes coururent vers la destination du bruit, oubliant leur querelle à l'instant. Mais qu'ils étaient bêtes...

    Edelweiss attendit u'ils partirent tous pour descendre et arriva bien avant eux, ce qui lui permit de se cacher encore.

    Le bateau au milieu de la mer. Enfin, ce qu'il en restait...
    Kael s'était sûrement téléporté là-bas. Il n'y avait aucune preuve que c'était bien lui mais elle en était sûre. Il s'agissait de la même lumière que la dernière fois dans les égoûts...

    Elle aurait voulu être sur place mais elle ne savait pas se téléporter. Une idée lui vint aussitôt.
    Il était sûrement en danger et il fallait absolument qu'elle arrive sur les dernières planches qu'il restait du bateau.
    Elle enleva juste sa perruque et ses lentilles en gardant sa tenue de civile normale, en robe noire, mais s'approcha d'un petit bateau de marchandises pas trop surveillé. Les quelques matelots déchargeaient leurs marchandises.
    Edelweiss détourna leur attention. Tous les regards se détournèrent vers elle. Elle ne fit rien, elle attendit qu'ils arrêtent tous leur occupation et sourit en les regardant dans les yeux. Son physique peu typique et son regard étaient particulièrement séducteurs et elle décida d'en jouer pour les asservir.

    _ Puis-je vous demander un petit service ? demanda-t-elle de la voix la plus douce et mielleuse qu'elle put.

    Les gars, de pauvres hommes peu habitués aux femmes dans ces quartiers mal famés empestant le poisson, se battirent presque pour lui répondre et passer devant. Leur perversité était leur plus grande faiblesse. Edelweiss profita de leur moment d'inattention et de leur regroupement autour d'elle pour tous les assommer d'un coup, sans la moindre difficulté. Elle n'avait même pas utilisé la moindre arme ou objet. Un jeu d'enfants.

    Elle soupira devant tant de bêtises et de naïveté et fonça aussitôt sur le bateau. Elle prit en otage le capitaine du bateau qui était resté dans son navire et le força à la conduire jusqu'au bateau. Elle l'avait intimidé en lui montrant quelques pouvoirs de base et le foudroyant du regard, et ca avait amplement suffi à terroriser le pauvre homme.
    Il s'exécuta et ils arrivèrent à destination plus vite qu'elle ne l'avait espérée.

    Aussitôt, elle chercha Kael mais elle n'aperçut personne autour des planches.

    _ Il y a eu une explosion, deux hommes sont en danger et sont peut-être à la mer. Cherchez-les ! cria-t-elle au capitaine.

    Le voyant hésitant et paniqué, elle rajouta :

    _ J'ai pris ce bateau unqiuement pour sauver un ami. Si vous m'aidez, je vous relâcherai et ne vous ferai pas le moindre mal. Alors tâchez de le trouver, sinon...

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    Re: Steamlandia et la Guilde des Alchimistes

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